Alger - A la une

Le boulanger, la bavette, et la ceinture de sécurité



Hier, dans une boulangerie algéroise. Les trois vendeurs et le caissier ont tous les quatre la bavette sur le menton. Inutile de vous dire qu'elle ne sert à rien, vous le savez, tout le monde le sait. Il paraît même que c'est plus dangereux que de ne pas en porter du tout. C'est un peu difficile à expliquer mais on a entendu ça quelque part et ça n'a pas été démenti. Bref, passons. Sur la porte d'entrée du magasin à pain, autrement dit un produit qui se vend comme des... petits-pains et attire donc beaucoup de monde, autant dire tout le monde, il était bien écrit « Port de la bavette obligatoire ». Histoire de s'assurer que tout le monde comprenne, on a mis une autre affiche où on avait remplacé le mot bavette par « masque », certainement plus populaire depuis Zorro. Spectacle hallucinant donc où on pouvait apercevoir, d'un côté, le personnel d'une boulangerie censé imposer le port de la bavette mais qui n'en porte pas et, de l'autre, des clients qui en portent, la plupart parce que contraints par l'obligation qui leur est faite sous peine de manger sans pain ; autrement dit, crever de faim pour un Algérien normalement constitué. On imagine l'aubaine ratée par ceux qui ne savaient pas qu'ils pouvaient entrer dans cette boulangerie - et certainement beaucoup d'autres -comme on rentre dans un... moulin et que les inscriptions sur la porte ont dissuadés. On imagine aussi ceux qui, une fois le seuil franchi, se sont rendu compte qu'ils pouvaient finalement garder leur « linge » au-dessous des lèvres ou même dans la poche comme ça se fait depuis le temps où on a fini par comprendre que la bavette, c'est comme la... ceinture de sécurité du véhicule. La première, on la promène avec soi non pas pour des besoins de sécurité sanitaire mais pour accéder aux magasins. La seconde, on la met non pas pour se protéger des chocs possibles qui peuvent vous mener jusqu'à la tombe mais juste pour éviter l'amende ou « plus pire » encore, le retrait du permis ! Mais dans cette boulangerie d'Alger, il y avait une brebis galeuse qui, non seulement portait une bavette mais pas seulement pour pouvoir acheter du pain ou des ?ufs mais surtout pour se protéger et protéger les autres du coronavirus. Lui, il ne « pense » pas que le corona, c'est terminé ou il n'a jamais commencé. Il sait que la maladie est toujours là, quoi qu'en disent les chiffres... qui ne disent même pas que la saloperie est derrière nous ! Alors, sans enlever sa bavette, il fait un boucan d'enfer, savonne tous ceux qui sont derrière le comptoir et sort en promettant d'avertir qui de droit. Alors les vendeurs se sont regardés avec une coupable complicité et ont remis qui son masque, qui sa... bavette. L'histoire ne dit pas si c'est pour se protéger et protéger leurs clients ou pour se mettre à l'abri d'une amende ou... « plus pire », la fermeture administrative.S. L.
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