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Le boom du marché algérien des assurances tarde à imposer les innovations attendues



Le boom du marché algérien des assurances tarde à imposer les innovations attendues
Le secteur des assurances présente peu d'innovations en Algérie. Malgré un fort potentiel, et une augmentation de 12% en 2012, les prestations traditionnelles dominent un marché toujours écrasé par l'assurance auto. M. Amara Latrous, président de l'UAR (Union des assureurs et réassureurs) estime toutefois que l'introduction de nouvelles pratiques, comme la télé déclaration et le remboursement immédiat, va forcer les autres compagnies à réagir.
L'automobile domine toujours le marché algérien des assurances, dont elle représente la moitié du chiffre d'annuel. Les autres secteurs, comme l'assurance-logement, celle liée aux personnes ou destinées à couvrir le risque sècheresse pour les fellahs, ont par contre de la peine à démarrer, a confirmé mercredi M. Amara Latrous, président de l'Union des Assurances et réassurances (UAR), au cours d'une émission de radio.
En 2012, le marché des assurances a frôlé la barre des 100 milliards de dinars. Sur ce chiffre d'affaires, l'automobile s'accapare près de 80% du marché, avec une augmentation de 12% par rapport à 2011, alors qu'entre 2010 (43 milliards de dinars) et 2011 (45 milliards), l'augmentation de l'assurance auto s'était limitée à 6%.
A l'intérieur de l'assurance auto, l'assurance de base, obligatoire, représente un tiers du marché. Cette branche est fortement déficitaire, mais elle est couverte grâce à la marge des autres formules, selon M. Latrous, qui a de nouveau demandé une révision de ce tarif de base, fixé actuellement à 1.200 dinars. Les assureurs souhaitent qu'il soit au moins doublé, a-t-il dit, précisant qu'une étude à ce sujet a été confiée à l'Université de Bab-Ezzouar, à Alger, en vue d'examiner les possibilités de réviser cette formule.
En 2012, les compagnies d'assurances ont enregistré 900.000 déclarations de sinistres, et réglé un million de dossiers. Malgré la compétition, les délais restent relativement longs. Seule Axa Assurance a introduit des formules novatrices, avec la télé déclaration et le remboursement immédiat au moment de la déclaration du sinistre. Les autres compagnies vont être contraintes de suivre, a estimé M. Latrous.
Marché à fort potentiel
Pour l'heure, les 23 compagnies d'assurances actives sur le marché algérien peinent encore à se constituer en lobby, mais elles commencent à coordonner leur action. Ainsi sont-elles parvenues à un accord pour limiter ce qu'elles considèrent comme des réductions exagérées, consenties notamment par certaines compagnies publiques.
Les autres créneaux peinent à se développer. Pour le logement, rendu obligatoire par la législation, le taux d'habitations assurées atteint à peine 15%. L'assurance contre la sécheresse, vitale dans un pays où la pluviométrie reste capricieuse, comme et cette saison 2012-2013, n'est pas encore disponible. Le conseil national des assurances travaille sur le dossier, selon M. Latrous.
Ces retards handicapent le développement d'un secteur pourtant promis à une forte expansion dans les prochaines années. M. Latrous estime qu'en 2020, le marché va atteindre cinq milliards de dollars, ce qui incite les acteurs à trouver de nouvelles formules et à investir de nouveaux créneaux, avec l'arrivée possible d'acteurs du secteur de la fianace. Mais malgré les déclarations optimistes, le secteur peine à prendre son envol. « il n'y a pas assez de nouveaux acteurs, suffisamment innovants, pour entrainer toute la corporation en vue d'améliorer les prestations, l'accueil, réduire les délais et proposer des formules personnalisés selon les besoins de la clientèle », a déclaré à Maghreb Emergent un spécialiste des assurances. « Il est clair que le marché a besoin de nouveaux acteurs, mais surtout de nouvelles méthodes », dit-il.
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