
De retour à Alger, l'artiste ne se pas fait prier pour nous accorder cet entretien auquel il s'est plié avec beaucoup de plaisir. Sur ce point, Karim "El Berqouq" n'a pas du tout changé.Liberté : à quand remonte votre dernier passage à Alger 'Karim Albert Kook : Je peux déjà vous dire que cela remonte à très longtemps. Attendez-voir... Je n'ai pas foulé les planches algéroises en tant qu'artiste depuis au moins 2004. C'était à l'auditorium de la Maison de la radio et à la salle Ibn Khaldoun. Je m'y étais produit, en compagnie de l'Américain Ron Smith. Des concerts qui resteront, pour moi, gravés à tout jamais. Depuis, je suis revenu en janvier 2011 en tant que sideman lors de la sortie de l'album d'Iness (son épouse, ndlr) que j'ai réalisé. Nous avions fait un concert à la salle Sierra Maestra. En mars de cette même année, j'y étais revenu pour la Journée internationale de la femme, et plus récemment en avril 2013 comme invité dans l'émission de Mahrez Rabia "Pourvu que ça dure" où j'ai pu rencontrer notre immense Safy Boutella avec qui j'ai partagé quelques notes à la volée sur un morceau de Muddy Waters, une improvisation totale et spontanée comme seule la magie du blues peut l'initier...Où vous a mené, depuis, la "route du blues" ' Avez-vous fait de nouvelles rencontres 'Cette route du blues me conduit au quotidien vers des lieux insolites et inattendus, des pays, des gens des petits bars aux grandes scènes les plus diverses depuis l'Hexagone à la Belgique, l'Allemagne, la Suisse, etc. Cette route du blues m'a mené vers des mélanges improbables de genres et de styles. Je me suis ainsi, retrouvé aux côtés de Lotfi Attar à Casablanca, au Maroc sur un "Sweet home Chicago" à la mode Raïna Raï pour finir à Montréal avec Cheba Zahouania version Koko Taylor à l'algérienne. Par ailleurs, un album de Paul Orta m'a permis de glisser mon "bottleneck" (goulot de bouteille) aux côtéx du légendaire UP Wilson. Il s'ensuivra une tournée Américaine qui m'a conduit à Baltimore, à Washington DC, Orlando et enfin à Austin au Texas. Ce périple US m'a permis de jouer et de "jammer" aux côtés d'illustres personnages de la "Blues American Society" tel Eleanor Ellis, Phil Wiggins, Tom Cox, Jesse Yawn, Glen Moomau, Ricky Franklin... Ce voyage exploratoire m'a mené du blues rural et rustique aux blues électrique et urbain. D'autre part, j'ai été pendant une année le programmateur et le responsable d'une Jam-session organisée chaque dimanche au cabaret parisien Le Balajo. Il y a eu aussi des scènes qui m'ont permis de rencontrer et partager des notes bleues avec la chanteuse Beverly Jo Scott (actuelle marraine de "The Voice", Belgique). On l'a même invité sur l'album d'Iness pour un duo, toute feu toute flamme. Je ne peux pas oublier mes retrouvailles avec le chanteur Peter Conrad que je n'avais plus vu depuis un festival célébrant les 10 ans de la mort de Luther Allison. Il vient de sortir un Album Aujourd'hui BB sur lequel je joue les guitares. Je dois très certainement oublier des choses mais c'est aussi ça le blues, c'est comme les bulles d'une mousse qui remontent doucement à la surface et laissent doucement les souvenirs se réveiller en vous...Vous serez accompagné ce soir d'un bassiste et d'un batteur. Pouvez-vous nous les présenter 'il y aura Félix Sabbal-Lecco à la batterie, originaire du Cameroun, qui connaît, permettez-moi de vous le dire, l'Algérie comme sa poche puisqu'il y a séjourné enfant et y est retourné plus tard pour de fréquentes tournées avec le regretté Lounès Matoub et avec de nombreux groupes de fusion. Veuillez noter que Félix Sabbal-Lecco est à compter parmi les meilleures batteurs de la planète dixit Peter Gabriel avec qui il a servi quelques années. À la basse, il y aura Lev Levy que j'ai rencontré lors des mes escapades européennes lors d'un festival en compagnie de Luther Guitar Johnson et John Primer. Lev a lui aussi une histoire d'amour avec l'Algérie. Comme c'est un musicien exceptionnel doué d'un humanisme éclairé, il se devait d'être du voyage !Dites-nous, ce retour à Alger sera-t-il un coup d'éclair dans un ciel serein 'Je ne sais comment répondre à cela. Comme tous les artistes, nous sommes dépendants des décideurs et des programmateurs. Nous nous baladons, ici et là, au gré des opportunités et des invitations qui peuvent convenir aux évènements.Y aura-t-il, un jour, une tournée de Karim Albert Kook en Algérie 'Il va sans dire que si la proposition se faisait sérieuse, ce serait à ma plus grande joie ! J'aurais concrétisé un rêve...Si c'est le cas, dans quelles villes aimeriez-vous précisément jouer 'C'est la question la plus dure, toutes les régions et villes d'Algérie je crois ! Des gorges des Aurès à l'Est, au Djurdjura Kabyle en passant par les plaines oranaises, par les terres mozabites de Ghardaïa en descendant jusqu'au centre du Hoggar et une fois n'est pas coutume finir par Alger. Revenir ensuite avec un Road Movie à la Wim Wenders, ce serait là, vraiment un beau cadeau.M-C. L.NomAdresse email
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Chérif LACHICHI
Source : www.liberte-algerie.com