
Le baccalauréat 2015 est une édition particulière en ce sens qu'elle concerne les promotions de l'ancien et du nouveau système. De fait, le nombre de candidats s'en trouve sensiblement augmenté, comparativement aux autres années. En effet, les lycéens qui se présenteront aujourd'hui aux examens seront plus de 853.000. L'année dernière, ils étaient un peu plus de 560.000, soit une augmentation de 196.754 candidats.En proportion, cela fait une hausse de 23%, alors qu'en moyenne la progression ne dépassait pas les 10%. Cette grande affluence fait donc la particularité de ce baccalauréat, dont le taux de réussite reste, bien entendu, l'un des facteurs qui renseigneront sur l'efficacité de l'équipe ministérielle. Mais plus encore, elle détermine le niveau de maîtrise des cadres du ministère de l'Education nationale à organiser des examens de fins de cycles dans des conditions, pour le moins, exceptionnelles. Il faut dire qu'aucun pays au monde n'a eu à affronter une situation pareille qui voit les chiffres bondir d'une année à une autre. Les infrastructures à mobiliser, entre centres d'examens et de correction, les enseignants surveillants et les enseignants correcteurs à réquisitionner... bref, l'Education nationale est fortement sollicitée pour la réussite de ces examens. Cela sans parler des coûts qui vont sans doute grimper, en raison de l'affluence record de candidats. L'édition 2015 du baccalauréat sera également un événement pour 2844 détenus qui passeront leur bac dans 39 établissements pénitentiaires. Les examens se dérouleront sous la surveillance de fonctionnaires de l'Education nationale. Ce qui confère au bac des prisonniers toute la crédibilité nécessaire leur permettant d'envisager des études supérieures à la fin de leur détention. Cela pour dire que le baccalauréat s'impose encore comme une institution sociale qui garde toute son importance au sein de la société. Preuve en est que l'opinion nationale demeure très sensible à tout ce qui a trait à cet examen de fin de cycle qui s'est toujours déroulé depuis l'indépendance du pays et n'a jamais été remis en cause, malgré quelques ratés, à l'image de la grande fraude en 1992 à l'époque de Ben Mohamed et il y a deux ans où l'on a assisté à des séances de copiage généralisé dans quelques centres d'examens. Il y a eu également en 2002 la fameuse deuxième session que les événements de Kabylie ont rendu incontournable.L'on se rappelle qu'à l'époque, le mouvement citoyen refusait le principe d'une seconde session spéciale Kabylie pour éviter la dénomination du «bac kabyle». D'où l'importance de cet examen dans la conscience nationale. Les Algériens se rappellent toujours de ces trois épisodes et ne cachent pas leur espoir de voir cet examen reprendre ses lettres de noblesse. Mais en attendant, le bac continue à faire rêver des millions d'élèves algériens et constitue toujours un passage obligé pour une belle aventure universitaire. En tout cas, les terminales de tous les temps l'imaginent ainsi.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Saïd BOUCETTA
Source : www.lexpressiondz.com