
Pour que les syndicats deviennent une force de négociation à part entière, que les associations et les médias puissent jouer leur rôle de contre-pouvoir, que la société reprenne confiance dans les partis politiques, le rapport de force qui oppose la société civile formelle, organisée et téléguidée par le pouvoir, et la société civile informelle qui échappe à son contrôle et qu'il essaie de combattre, doit tourner en faveur de la seconde.L'Etat a compris depuis bien longtemps l'enjeu du contrôle des contre-pouvoirs et l'importance, plus récemment, de canaliser les aspirations sociales nées des révoltes arabes, «pour assurer son hégémonie idéologique», comme l'explique Noureddine Hakiki, directeur du laboratoire du changement social à l'université d'Alger II. Au début de l'année, plusieurs associations comme la LADDH, RAJ ou SOS Disparus ont manifesté pour exiger l'amendement ou l'abrogation de la nouvelle loi des associations. Mi-avril, un nouveau rapport de Human Rights Watch, dénonçant «les pressions dont sont victimes les associations», a préconisé «l'ouverture d'un dialogue entre les autorités pour créer un environnement propice à de bonnes élections crédibles.Une étape pour permettre aux Algériens de créer des associations et organiser des événements sans entrave.» Quelques jours plus tard, Amnesty International dénonçait à son tour «les menaces contre la liberté d'expression, de réunion et d'association» et le manque de garantie pour les libertés syndicales. «Le problème, souligne un ancien cadre du régime, c'est que l'Etat, issu de la lutte armée, ne comprend que le rapport de force. En 1997, il a négocié une sortie de crise avec les éléments armés du Front islamiste du salut, en marginalisant ses éléments politiques. On le voit bien dans l'actualité : il répond plus facilement à des émeutiers qui bloquent une route qu'à un groupe de jeunes branchés qui revendiquent le droit de manifester?»En face, toute la difficulté pour la société civile sera de réussir à se mobiliser sur deux fronts : résister aux tentatives de sabotage du pouvoir (qui a miné la plupart des syndicats autonomes, fait imploser la Coordination pour le changement et la démocratie, et plus récemment, le mouvement des chômeurs), et essayer de transformer ses revendications en formulations politiques.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : El Watan
Source : www.elwatan.com