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Lagarde: "Un verrou à faire sauter" FERMETURE DE LA FRONTIÈRE TERRESTRE ALGERO-MAROCAINE



Lagarde:
La 5e conférence sur l'intégration économique maghrébine qui s'est tenue les 8 et 9 janvier 2013 à Nouakchott en Mauritanie, a été l'occasion d'identifier les obstacles qui ont retardé l'édification de l'UMA. Dans une interview publiée le 11 janvier sur le site RFI (Radio France internationale), la directrice du Fonds monétaire international s'est expliquée sur les enjeux de cette «réalisation géostratégique» en gestation.
«Les obstacles à cette insuffisance d'intégration, ce sont souvent malheureusement des obstacles politiques, des stratégies de développement national, et ce sont aussi bien le secteur privé que le secteur financier, que les institutions internationales qui essaient d'oeuvrer à une meilleure intégration» a indiqué Christine Lagarde qui en a aussi évalué le coût. «Les coûts du non-Maghreb sont en fait une perte d'opportunités. Quand vous parlez d'à peine 3% d'investissements directs étrangers, c'est extrêmement bas par rapport à l'Asie, l'Amérique latine... qui ont beaucoup bénéficié d'investissements pour tirer leur croissance.» a fait remarquer celle qui a succédé à Dominique Strauss Kahn. Que conseille-t-elle pour rendre attractif le marché maghrébin' «Une meilleure intégration permettra de développer plus de croissance, d'avoir une capacité d'offres mieux coordonnée, en particulier pour les investisseurs directs étrangers, et permettra de mon point de vue de se concentrer de manière stratégique sur les secteurs créateurs d'emplois» a estimé l'ex-ministre de l'Economie du gouvernement Sarkozy entre 2007 et 2011.
Le sommet avorté qui devait se tenir au mois d'octobre 2012 en Tunisie entre les dirigeants des cinq pays qui forment l'UMA (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie), montre que l'on est encore loin d'avoir en ligne de mire ces objectifs auxquels aspirent les peuples de cette région. La construction de l'Union du Maghreb passe inévitablement par une stabilité politique et des relations apaisées entre les cinq pays qui doivent constituer cette entité économique. Les révolutions libyenne et tunisienne n'ont pas encore apporté ces garanties alors qu'un vent glacial a de nouveau soufflé sur des relations algéro-marocaines qui avaient été mises sur de bons rails.
Il n'est un secret pour personne que la fermeture de la frontière terrestre entre l'Algérie et le Maroc pénalise l'UMA. A qui la faute' L'Algérie veut avant tout «garantir la sécurité à ses frontières... mettre un terme au flux de stupéfiants provenant du Maroc vers l'Algérie... et maîtriser la question de la circulation des personnes et de marchandises», a expliqué Mourad Medelci, le chef de la diplomatie algérienne dans une interview accordée, au mois de décembre 2012, à la chaîne de télévision saoudienne al-Arabiya.
Les Marocains, quant à eux, font de la construction de l'UMA un chantage. Le prochain Sommet de l'UMA (prévu en Tunisie au mois d'octobre 2013 Ndlr) «sera seulement de pure forme...
Les conditions de la tenue d'un Sommet ne sont pas encore mûres et tant que les frontières entre le Maroc et l'Algérie ne seront pas réouvertes», avait souligné le chef de l'Exécutif marocain, Abdelilah Benkirane dans une interview parue le 26 juillet dans le quotidien Attajdid, organe du PJD (Parti pour la justice et le développement) dont il est aussi le secrétaire général.
La patronne du FMI dit ce qu'elle en pense: «Il est évident que cette fermeture de frontière constitue un obstacle aux échanges. Dire le contraire serait faire une grossière erreur économique, géographique et politique. Ce verrou-là, il faudrait arriver à le faire sauter...», a déclaré Christine Lagarde. Un malentendu que se sont efforcés à décrisper, à travers des messages renouvelés, le souverain marocain et le président de la République...
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