
Le premier directeur de la Radio nationale, Abdelkader Nour, a mis en exergue, hier à Alger, au forum de la mémoire d'El Moudjahid, le rôle de la Radio secrète créée dans les entrailles de la Révolution, le 16 décembre 1956, aux frontières algéro-marocaines, dans le nord de Nador, pour une mission bien déterminée : participer à la lutte de ibération nationale. Le studio, un camion ambulant, était équipé de moyens rudimentaires, un appareil de 400 kW, don des USA, ayant été utilisé durant la Seconde Guerre mondiale, et un autre de 500 kW. Le staff était composé de 32 personnes entre journalistes et techniciens. Parmi les journalistes, on peut citer Abdelhafid Boussouf, Amar Tlidji, Aïssa Messaoudi, Abdelkader Nour, Abdelmadjid Meziane, Khaled Tidjeni, Mohamed Bouzidi, Abderrahmane Laghouati, Mohamed Soufi, Madani Haouès, Mohamed Boumedieni et Abdelaziz Chekiri. La radio diffusait pendant 6 heures seulement, de 17 à 23h, de manière discontinue. Le programme, contenant des informations politiques et des commentaires surtout, était diffusé dans la langue arabe et le kabyle. Les journalistes intervenaient en direct et il n'y avait aucune émission enregistrée, selon Abdelkader Nour. « C'est grâce à la volonté et la détermination de ces jeunes pleinement engagés dans le combat libérateur que la Radio secrète a pu se maintenir », a indiqué Nour. C'est sous le vocable « la voix du FLN vous parle depuis l'Algérie », ou encore « la voix de l'Algérie combattante » que les journalistes s'adressaient au peuple. La voix d'Aïssa Messaoudi était perçue par la population comme un ouragan qui ne laissait pas indifférent.La radio a eu un écho très favorable auprès des pays arabes dont l'Egypte, le Maroc, la Libye, la Tunisie, la Syrie, le Koweït... A l'indépendance, l'équipe de la radio a été rappelée par le FLN, le 4 septembre 1962, pour prendre le relais au niveau du 21, boulevard des Martyrs alors que l'institution (ex-RTA) était toujours sous l'emprise du système colonial. Mais pour le groupe de la Radio secrète ou Radio combattante, comme aime l'appeler le directeur de la Radio Chaîne I, Mohamed Zebda, il n'était pas question de travailler sous l'emblème français, alors que « le sang des martyrs n'avait pas encore séché », comme le disait Aïssa Messaoudi. Le défunt président Houari Boumediène disait que « Aïssa Messaoudi représentait la moitié de la Révolution » tellement sa voix retentissait comme un tonnerre. « Notre but était de célébrer l'indépendance sous le drapeau algérien, l'enlèvement du drapeau français était un acte très important et irréversible. On s'est alors entendus, le 26 octobre 1962, d'entreprendre cet acte souverain. Et c'est Abdelaziz Chekiri qui a fait descendre le drapeau français.Le 28 octobre 1962, l'emblème national flottait sur l'institution de la Radio Télévision. Avant de quitter les lieux, la France coloniale a incendié toutes les archives », a fait savoir le premier directeur de la Radio nationale de l'Algérie indépendante. Mohamed Zebda a, quant à lui, évoqué la période post-coloniale de la radio et sa restructuration en 1986 sans omettre de mettre en évidence le rôle qui lui a été dévolu après le recouvrement de la souveraineté nationale. Actuellement, le nombre de radios s'élève à 55 dont 48 radios régionales ou locales.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamila C
Source : www.horizons-dz.com