La riposte de l'armée algérienne à la prise d'otages d'In-Amenas a été diversement appréciée. Ferme, violente, brutale, les commentaires divergent. Mais les clichés perdurent. Deux articles publiés sur le site internet du Guardian décrivent l'opération comme un « bain de sang », un « massacre », dont l'approche « agressive » , « sans prisonniers », adoptée par le gouvernement algérien, trouverait racine dans « l'histoire sanglante » du pays.
« L'histoire sanglante de l'Algérie a forgé la réponse brutale à l'attaque contre le camp au Sahara » : ce titre d'un article publié vendredi 18 janvier sur le site internet du quotidien britannique The Guardian . « Le massacre dans le Sahara a été un choc terrible pour les pays étrangers, dont les malheureux nationaux se sont retrouvés impliqués. Mais personne n'aurait dû être surpris que le gouvernement algérien adopte une telle approche agressive et sans prisonniers jusqu'au drame mortel à In Amenas », affirme le journaliste Ian Black, rédacteur-en-chef du service Moyen-Orient du Guardian. Pour justifier son analyse, il commence par une histoire, « macabre », précise-t-il: « Quoi de pire que d'être kidnappé par Al-Qaida ' Réponse : être sauvé par l'armée algérienne ». Plus sérieusement, Ian Black invoque l'histoire pour justifier ses propos. « L'histoire moderne de l'Algérie est trempée de sang », annonce-t-il .
La veille, jeudi 17 décembre, un article publié sur le même site du Guardian, développait déjà cette idée sous le titre « L'Algérie crache plus de sang ». La journaliste Nabila Ramdani, se rattache à l'Histoire pour spéculer sur l'issue de la prise d'otages : « Etant donné l'histoire violente (savage » en anglais] de l'Algérie, il est tragique, mais à peine surprenant que la prise d'otages à In Amenas se terminera dans un bain de sang ».
L'histoire de l'Algérie se résumerait à une succession d'épisodes sanglants
C'est du moins la version présentée dans les deux articles des journalistes britanniques. Ian Black évoque ainsi comme premier épisode sanglant la guerre de Libération (1954-1962). « Dans l'historiographie nationaliste, la longue lutte pour l'indépendance contre le pouvoir colonial français est intervenue au prix de « million de martyrs ».
Second « conflit terrible » abordé par le journaliste : la guerre civile des années 1990, qui intervient tout de même « trente ans après l'indépendance de l'Algérie » , note le journaliste. Mais ces trois décennies de paix au cours desquelles l'Algérie se (re)construit ne méritent pas de s'y attarder. Elles ne sont pas « trempées » de sang.
Suit une explication rapide sur la lutte anti-terroriste menée par l'armée et les services secrets algériens avant cette conclusion sans appel : « le refus de négocier avec les terroristes [...] ressemble rien de moins qu'à une réponse instinctive conditionnée par une histoire brutale ». Pire encore, pour Nabila Ramdani qui retrace dans son article les faits d'arme de Mokhtar Belmokhtar, l'auteur de la prise d'otages d'In Amenas, , cet épisode annoncerait de futurs chapitres « tristes et violents de l'histoire de l'Algérie ».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nejma Rondeleux
Source : www.maghrebemergent.info