
L'image de l'émigré de retour au bled au volant de sa belle voiture chargée de bagages tend à disparaître. La tendance a bien changé. Après avoir passé les vacances en Algérie, ils repartent les bras bien chargés. A la rue de Chartre, au marché de la rue de la Lyre, les étals informels sont pris d'assaut par les émigrés à la recherche de toutes sortes d'objets : artisanat, habillement, vaisselle... L'essentiel pour eux est de prendre avec eux « rihat leblad ». En cette fin de mois d'août, les souks, braderies, bazars et boutiques spécialisées continuent de les attirer.Les bijoux traditionnels et les cadeaux souvenir ont la cote auprès de nos expatriés. Les statuettes en bois minutieusement sculptées, les tissus d'habillement et même les étoffes d'ameublement sont très appréciés par nos compatriotes qui veulent tapisser ou refaire leur décoration intérieure à l'algérienne. Les affaires scolaires sont également très demandées par nos émigrés qui en achètent en grandes quantités. Selon un libraire à Alger, ils en achètent en grande quantité vu la cherté de la vie en France. « Notre pouvoir d'achat s'amenuise de plus en plus en France », témoigne une Algérienne résidant en France. Rencontrée chez l'enseigne « Jennifer », à Sidi Yahia, elle dira que les articles tels que les espadrilles, les tops et les pantalons leur reviennent moins chers en France, vu le taux de change de la devise. Selon cette jeune fille, une paire de baskets de marque est cédée à 100 euros en France alors qu'en Algérie, on peut se la procurer à 10.000 DA. Les CD audio et le matériel de jeux vidéo figurent sur la liste des achats de cette clientèle, fortement appréciée par les commerçants. Aussi, nos émigrés profitent de leur séjour en Algérie pour aller chez l'ophtalmologue, l'opticien, ou le dentiste. Entre débourser 30.000 DA pour un dentier en Algérie contre 2.500 euros en France, le compte est vite fait. « Même les Français ne peuvent pas se permettre des soins dentaires qui sont excessivement chers », dit Salim, un Algérien vivant en France. « Certains sont obligés de se rendre dans les pays de l'Est pour se faire soigner à moindre coût », ajoute t-il. Les opticiens et autres boutiques de vente de lunetterie sont aussi très sollicités par les émigrés. Une paire de lunettes est entre 2.500 et 5.000 DA chez les grossistes de Bab Azoune. Nos expatriés prennent même les épices dans leurs bagages, car de meilleure saveur. Pour eux, la vie ici est de loin moins chère que là-bas. Ici, ils déboursent sans rechigner. Normal quand on sait qu'un euro est échangé à 180 DA sur le marché parallèle. Les émigrés, des clients qui déboursent sans sourciller.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rym Harhoura
Source : www.horizons-dz.com