
A trois semaines de la réunion qu'on annonce comme décisive à Vienne, l'effervescence est à son comble parmi les acteurs du marché pétrolier. Et pour cause, les déclarations d'intention des uns et des autres ont définitivement perturbé le long fleuve tranquille de l'Opep après les décisions cruciales et «historiques» prises à Alger à même de réduire leur production afin de soutenir des prix hypothéqués par une offre excédentaire. La coordination est devenue le maître-mot des pays producteurs de pétrole, membres ou non du Cartel, pour rééquilibrer le marché sérieusement secoué, ces derniers jours, par des annonces contradictoires en provenance de Téhéran ou de Ryad.Si au départ l'accord d'Alger excluait l'Iran, le Nigeria et la Libye, chaque pays pour des considérations propres, les intentions prêtées à l'Arabie saoudite d'augmenter sa production ont fait plonger les cours avant qu'ils n'enregistrent un relatif rebond avec un baril de Brent de la mer du Nord à 46,15 dollars, loin de la barre des 50 dollars et surtout des 60 attendus par les pays producteurs. La mercuriale de l'or noir reste tendue aux évolutions politiques et économiques mondiales et il suffit d'une rumeur distillée maladroitement ou à dessein pour que les prix stagnent ou chutent dans le pire des scénarios. Et les discours rassurants de l'Organisation sur le respect des engagements pris à Alger ne sont pas de trop pour stabiliser un marché plus volatil que jamais.Le démenti de l'Arabie saoudite affirmant qu'elle et les producteurs arabes de pétrole n'avaient pas menacé d'augmenter leur production et qu'ils produiraient ce dont les clients avaient besoin ainsi que les assurances de Baghdad de s'en tenir à l'accord d'Alger malgré une certaine défiance en amont pourront maintenir les prix dans une fourchette à peine supportable pour certains Etats comme l'Algérie, le Nigeria ou encore le Venezuela en attendant le rendez-vous viennois. Une date qui est peut-être encore plus importante que celle d'Alger puisqu'elle va conditionner le futur des prix pour les années à venir et surtout consolider l'entente intéressée entre Opep et pays non membres en perspective de 2021 où les analystes s'attendent à une demande plus forte. Pour cela, l'Organisation a insisté sur la nécessité d'investir mais il faut encore avoir les moyens pour le faire et ces rentrées d'argent, surtout pour notre pays, ne peuvent passer que par une stabilisation des prix à un seuil maximal.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Moncef Wafi
Source : www.lequotidien-oran.com