Le film documentaire Thala, rébellion éternelle du Tunisien Adel Bakri, consacré aux «soulèvements» en 2011 des habitants d'une ville de l'ouest de la Tunisie, a été projeté vendredi soir à Alger dans le cadre de la deuxième édition du Festival international du cinéma d'Alger (Fica).
Le réalisateur Adel Bakri revient sur les révoltes qui ont secoué la Tunisie entre décembre 2010 et janvier 2011 et dont sa ville natale, Thala, a été un des bastions, dans un documentaire qui mêle images de manifestations, témoignages et récitations de textes de poètes glorifiant l'esprit de résistance contre l'oppression (Mahmoud Darwich, Abou El Kassem Echabbi, Nazar Kabbani...).
Cette autoproduction de 95 minutes, en compétition dans la sélection documentaire, tente de situer les luttes des gens de Thala dans un contexte historique plus large, depuis l'époque berbère, et qui puise, par ailleurs, sa source dans les conditions climatiques et géographiques «très rudes» de Thala qui ont contribué à forger la «bravoure et le courage» de ses habitants.
Ainsi, Adel Bakri restitue, date après date, par un montage d'images de manifestations, l'exacerbation de la révolte qui a mené au départ du président Ben Ali, le 14 janvier 2011, et accentue la violence des images en vociférant, en voix off, des poèmes révolutionnaires, enjoignant le peuple «à marcher sur les pas rouges de Takfarinas (chef de guerre numide)», le tout sur un fond musical poignant.
Un procédé inspiré de l'expérience théâtrale du réalisateur, qui lui permet de construire un récit mythique autour de la ville de Thala à partir d'évènements historiques, dans une tentative de produire un «art total, mêlant cinéma, poésie et théâtre» ainsi qu'il l'a confié dans une déclaration à l'APS à l'issue de la projection.
La seconde partie du documentaire est, quant à elle, consacrée aux témoignages des familles des «martyrs» de ces manifestations, et met l'accent sur la continuité de la lutte des habitants de Thala pour leurs droits sous le gouvernement de transition tunisien.
Plus d'une vingtaine d'oeuvres cinématographiques en provenance de 14 pays sont projetées à Alger dans le cadre de la deuxième édition du Fica consacrée au film engagé qui se poursuit jusqu'au 13 décembre.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : L'Expression
Source : www.lexpressiondz.com