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La Tunisie et la fraternité algérienne



La Tunisie et la fraternité algérienne
L'ambassadeur des Etats-Unis à Alger l'a relevé jeudi dernier. Dans un entretien au site électronique TSA, il a, tout en précisant que «l'Algérie est un pays stable qui joue un rôle très important de leadership dans la région», cité «l'assistance (qu'accorde l'Algérie) sur le plan financier à la Tunisie». Il a bien employé le mot assistance. Ni prêt. Ni coopération. Avec le tact qui sied lorsqu'on aide un membre de la famille, les autorités algériennes n'ont pas divulgué le montant financier accordé à la Tunisie. Notre ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, s'est contenté de dire, à l'issue de la visite, la semaine dernière,du chef du gouvernement tunisien, Mehdi Jomâa, qu'il est «grand» et qu'il pourrait même être «revu à la hausse». Tout le monde s'accorde à dire que l'aide se compte en centaines de millions d'euros d'une part et que d'autre part ce n'est pas la première fois que l'Algérie a un tel geste envers nos voisins de l'Est plongés dans un stress économique très éprouvant depuis la «révolution du Jasmin». Dans un même élan de fraternité, l'Etat algérien a décidé de faciliter au mieux le passage des touristes nationaux qui se rendront en Tunisie, au cours de la prochaine saison estivale. Les Tunisiens espèrent retrouver, cette année, le million d'Algériens qui venaient passer leurs vacances avant que le «Printemps arabe» ne vienne tout gâcher. Il est inutile de préciser que l'ensemble du peuple algérien adhère à la décision de l'Etat algérien d'aider, au mieux, les Tunisiens dans cette passe difficile. Malheureusement, il n'y a pas que la Tunisie qui vit une grave situation économique. Plus à l'Est, nos frères libyens sont dans des conditions similaires. A la différence qu'ils ont toujours leurs réserves de pétrole, mais doivent construire l'Etat pour gérer ces richesses. Au moment où se tient au Maroc, une énième réunion de l'Union du Maghreb arabe en panne depuis des lustres, on ne peut s'empêcher d'avoir à l'esprit l'importance d'un tel regroupement régional dans de tels moments difficiles pour ses membres. A défaut d'une UMA opérationnelle, l'Algérie se devait d'agir et tendre la main à ses voisins. Elle le fait d'ailleurs bien au-delà de la sphère maghrébine. Et c'est précisément à cause des carences qui frappent l'UMA, que la Tunisie s'est tournée vers l'Union européenne en espérant trouver une autre aide qui viendrait s'ajouter à celle de l'Algérie. Le 8 mai dernier, l'ambassadrice de l'UE à Tunis, Laura Baeza, a tenu une conférence de presse pour annoncer que les aides de Bruxelles à la Tunisie vont augmenter de 50% en 2014 par rapport à 2013 pour atteindre 200 millions d'euros. Ce que ne dit pas Baeza c'est que ce prêt, qualifié de «toxique» par les observateurs, est assorti de conditions. Et quelles conditions! Les deux principales étant de supprimer les subventions des produits de base destinés aux Tunisiens les plus démunis et ensuite de privatiser les banques publiques tunisiennes. Pour replonger la Tunisie dans le désordre, il est difficile de trouver meilleurs ingrédients. Nous avons vécu, en Algérie, la même situation avec le FMI et la Banque mondiale à la fin des années 1980. On sait aussi comment nous avons vécu les années d'après. Et si l'Europe propose 200 millions d'euros à la Tunisie, il faut savoir que ce pays a déboursé, pour la seule année 2013, 300 millions d'euros uniquement en créances extérieures fortement marquées par les intérêts de ces mêmes créances. Ce n'est certainement pas les mesures de réduction des dépenses publiques qui ont été annoncées par Tunis, il y a quelques jours, qui résoudront le problème. Pour toutes ces raisons, et dans ce contexte de graves difficultés économiques que vit la Tunisie, on mesure mieux l'aide et la solidarité agissante de l'Algérie. En attendant que l'UMA sorte du coma qui dure depuis un quart de siècle!


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