Malgré les toutes récentes déclarations du président du parti, Abdelaziz Bélaïd quant à son refus de rejoindre le gouvernement, déclinant toutes les offres qui lui auraient été faites du temps de la présidence de Abdelaziz Bouteflika, le Front El Moustakbal a fini par tordre le cou à cette doctrine, intégrant, et en toute discrétion, l'exécutif que vient de nommer le président de la République.M. Kebci-Alger (Le Soir)- Une intégration via un poste de «maigre poids politique», celui des relations avec le parlement qu'occupe désormais, Besma Azouar, députée et membre de la direction nationale du parti, qui suscite bien d'interrogations quant aux motivations de ce revirement de positionnement d'un parti qui s'est tenu de tout temps à «équidistance du pouvoir et de l'opposition», selon la formule chère à Bélaïd, le «juste milieu».
Surtout que celui qui fut le plus jeune membre du comité central de l'ex-parti unique ,a subi une véritable douche écossaise à l'occasion de l'élection présidentielle du 12 décembre écoulé, à l'issue de laquelle il s'est classé bon dernier, avec une bien maigre cagnotte en matière de voix exprimées en sa faveur, lui qui voyait sa rencontre avec le destin arrivé pour avoir fait montre d'une confiance débordante quant à son sacre au soir du 12 décembre dernier.
Et le coup de massue reçu au bout, tout le contraire de ce que fut le cas lors de la présidentielle d'avril 2014, quand il s'est classé troisième derrière le Président réélu à l'occasion et Ali Benflis, son compagnon d'infortune, aurait eu raison de son ambition. Il en a été tellement affecté, dit-on parmi son entourage, qu'il observe, depuis, un silence assourdissant.
Et cette intégration, en catimini, du gouvernement, alors que tout le monde attendait celle du mouvement el Binaa dont le président, heureux outsider du vainqueur du dernier scrutin présidentiel, ne cessait de signifier sa disponibilité à collaborer, non sans émettre des préalables de pure forme, dans ce qui est admis comme surenchère chère à la mouvance verte, a fini par balancer le front el Moustakbal de l'autre côté de la barrière .
Lui dont le Président a tenu, jusqu'ici, à le tenir à équidistance de l'autre rive l'opposition.
Explication fournie par la direction nationale du front : «Il n'y a pas de raison de nous empêcher de travailler avec le nouveau président de la République.»
Et cette présence presque symbolique du front el Moustakbal au sein du gouvernement que pilote le Premier ministre Abdelaziz Djerad, s'ajoute à celle du RND auquel appartient Tayeb Zitouni, reconduit au poste de ministre des Moudjahidine.
Ce qui fait de ce duo les deux seuls ministres partisans dans un exécutif dominé par des technocrates de divers horizons.
M. K.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Kebci
Source : www.lesoirdalgerie.com