
Le photographe algérien, Mizo, dévoile, jusqu'au 17 février, aux ateliers Bouffée d'Art de Ben-Aknoun, sa nouvelle collection de photographies intitulée «Métal-Physique».Après sa dernière exposition «Futur antérieur», en mai dernier, au CCF d'Alger, Hamza Aït Mikidèche alias Mizo, revient au devant de la scène artistique avec une exposition consacrée à la thématique de la superstition. Mizo est un artiste à la vision existentialiste et futuriste à la fois. Son intérêt pour la beauté et la créativité le pousse à travailler sur certains concepts qui touchent la société algérienne. Cette fois-ci, il a choisi d'explorer le thème de la superstition, avec une liberté totale et une logique cartésienne. Cette approche philosophique sur la superstition, Mizo l'a dévoilée à travers neuf grandes ?uvres à la technique raffinée et multiple.Pour les besoins de cette nouvelle collection, il a utilisé un nouveau support, représenté par le métal, d'où justement le titre de cette exposition. L'artiste s'est servi du premier emblème, qui est phare dans le Maghreb en général, et en Algérie en particulier : la khamsa. Ainsi, la main de Fatma est inclinée sous la forme de plusieurs prises, le tout rehaussé d'un zeste d'humour. Sur le plan visuel, un tryptique dévoile trois ?uvres aux titres révélateurs de leur contenu, «No word», «No sound» et «No vision». Un portrait de femme au regard saisissant laisse apparaître une khamsa flanquée, tantôt au niveau de la bouche, tantôt au niveau de l'oreille, ou encore au niveau de la vision. Ce sujet portant la main de Fatma devient, presque, indifférent.L'ensemble du visage est traversé par un rayon laser. Le restant de l'?uvre ploie dans un miroir. Manière singulière de prouver que tout visiteur qui se met en face de l'?uvre en question se reflète, faisant, ainsi, partie de la réflexion métaphysique de l'?uvre. Mizo explique : «Pour certains de ceux qui mettent la khamsa, ils pensent être protégés. On voit un peu ce délire à travers mes ?uvres. Je crois à la superstition, mais pas profondément. La khamsa reste, pour moi, un objet. Pour certains, la superstition, c'est comme une échappatoire, une sorte d'espoir, ou des fois pour rendre leur esprit optimiste, ils mettent la superstition en avant. Il y a des gens qui adhèrent à ce concept de superstition. Ils savent que cela n'a pas de sens, mais ils sont là à y croire.» Dans l'?uvre intitulée «Contemplation», on retrouve une femme dont la tête est enserrée dans un chapeau. Plus la distance s'impose entre l'?uvre et le visiteur, plus on est à même de découvrir deux concepts. Le chapeau donne un effet d'auréole.Au niveau du regard, Il y a un tremplin. Le sujet n'est pas doté d'yeux, mais d'un collage. Il y a toujours ces rayons de laser qui reviennent à chaque fois, mais, cependant, qui s'arrêtent, toujours, au niveau de la khamsa. «Pour certains, développe Mizo, la khamsa devient comme une religion. Et pour d'autres, elle est pratiquée dans la collectivité». Dans «Superstition, label 1», Mizo propose un jeu d'esthétique et de profondeur. La khamsa est inclinée comme un label, et ce, sous tous les angles. De l'avis du photographe, elle s'apparente, presque, à une marque déposée.«Model spéculation» traduit le côté délire de cette personne au profil androgyne, sapée d'une veste rouge avec une cravate en cuir, où la khamsa est omniprésente. L'?il droit, est, lui aussi, recouvert de la main de Fatma en argent, avec au centre une émeraude. «Cela, c'est juste pour dire que si on est bizarre, on vit dans l'ère de la bizarrerie, dans une époque où la bizarrerie est normalisée. Esthétiquement parlant, on adhère au concept. C'est en même temps pour dire un effacement des genres. La superstition est appliquée sur les femmes et les hommes », éclaire t-il.Perfectionniste jusqu'au bout des ongles, Mizo a intégré au sein de cette nouvelle collection 24 anciennes ?uvres. Un genre de rétrospective, permettant de donner, aux visiteurs, un large aperçu de son approche artistique et surtout de démontrer cette continuité dans on travail. On retrouve, ainsi, quelques toiles de la série identitaire. «Il était une fois le haïk», «Entre les lignes» et «Futur antérieur». Sa technique de travail s'appuie sur un long processus.Après la phase de réflexion, le concept, le story bord, le casting d'équipe, la pause prod et le tirage sur papier, il intervient sur d'autres supports, dont la toile, le bois, le métal et la peinture. Il utilise, en outre, des médiums, dont lui, détient le secret. Le photographe promet deux autres expositions qui vont suivre. Le concept est très large. Il confie que visuellement, parlant, cela va être plus travaillé avec des messages visuels à outrance. Il indique, que «dans mon travail, il y a toujours une sorte de suite quand je traite les sujets qui concernent la société. Je n'aime pas l'art stérile. J'aime l'art quand il délivre un message. Il y a une suite dans mes sujets, même si je rassemble une collection ancienne. C'est une continuité. Cela parle d'identité, de nos traditions et de notre futur commun».
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nacima Chabani
Source : www.elwatan.com