Photo : Riad
Par Samira Imadalou
Parmi les problématiques débattues lors de la réunion des 5+5 sur la sécurité alimentaire à Alger la semaine dernière, figura la régulation des prix des produits de large consommation.Un dossier qui revient régulièrement dans les rencontres ministérielles à l'échelle nationale ou dans les rendez-vous régionaux. Toutefois, la mise en place d'un programme efficace pour la lutte contre la spéculation tarde à se faire. Il est vrai que le problème ne concerne pas uniquement l'Algérie mais il se fait ressentir de manière intense particulièrement en période de crises, de fêtes ou d'intempéries comme c'est le cas depuis le début du mois de février. Les consommateurs l'auront remarqué. Les prix des produits de large consommation ont encore pris l'ascenseur et la spéculation autour du gaz butane a pris une telle ampleur que les pouvoirs publics n'ont pas eu d'autre choix pour réguler la vente que de faire appel à la gendarmerie nationale. Cela pour dire que les moyens de régulation font cruellement défaut alors que les textes de loi sont clairs à ce sujet. Donc, c'est dans une conjoncture nationale marquée par la montée au créneau des spéculateurs que l'Algérie a abrité la réunion des 5+5 sur la sécurité alimentaire et a discuté avec ses partenaires du bassin occidental de la Méditerranée des moyens de lutte contre ce phénomène. Un phénomène qui pénalise de plus en plus les citoyens et qui fait perdre, en parallèle, d'importantes enveloppes financières. L'Algérie qui a vu ses importations alimentaires augmenter de 20% par rapport à l'année dernière a subi, en effet, au même titre que ses voisins de la rive sud de la Méditerranée, les conséquences de la volatilité des prix des produits agricoles et alimentaires en payant de plus en plus cher ses achats en raison notamment de l'instabilité du marché international. Les répercussions se font vite ressentir sur le marché national avec la hausse effrénée des prix. N'était la généralisation des subventions à certains produits et le plafonnement des prix, la situation aurait été plus difficile pour le consommateur. Episodiquement, la flambée et la spéculation l'emportent sur la régularité. De leurs côtés, les différents départements ministériels se rejettent la responsabilité. Chacun essaye de s'en laver les mains. Le scénario se répète, faute de coordination entre ces acteurs concernés par la régulation du marché,principalement l'agriculture et le commerce.Comment alors s'engager à contrôler, à coopérer avec d'autres pays dans le contrôle de la volatilité des prix, quand l'opération peine à donner des fruits sur le plan interne et quand la maîtrise des impacts de la volatilité des prix des produits agricoles est loin d'être assurée 'Ainsi, avant d'aller vers une approche collective telle que préconisée par les experts ayant pris part, le défi est d'abord à relever au niveau national puis à un niveau régional dans le cadre de l'Union du Maghreb arabe marquée justement par la faiblesse des échanges dans le domaine agricole. Ce ne sera qu'à partir de là que l'Algérie pourra aller vers une approche plus globale avec l'ensemble des pays du bassin occidental de la Méditerranée pour assurer la sécurité alimentaire et diminuer les risques des crises alimentaires. Pour l'heure, il s'agit surtout pour l'Algérie de réduire sa dépendance alimentaire vis-à-vis des importations. C'est le principal défi à relever. L'expert en économie agricole, M. Chérif Omari, n'a pas manqué de le relever la semaine dernière. Pour lui, la consolidation de la sécurité alimentaire dans les pays de la rive sud de la Méditerranée passe d'abord par l'amélioration et l'accroissement de l'offre domestique afin de la stabiliser à un plus haut niveau. Pour cela, avait t-il noté «des investissements importants dans le secteur agricole doivent être consentis pour moderniser les exploitations, former les agriculteurs aux nouvelles techniques et assurer la disponibilité des semences et des plants». Ce qui commence à se faire en Algérie mais beaucoup de pas attendent d'être franchis.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S I
Source : www.latribune-online.com