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La souffrance des migrants africains à Alger



La souffrance des migrants africains à Alger
On les croise dans pratiquement tous les quartiers de la ville : Bab El Oued, Alger-Centre, Didouche Mourad, Belcourt, Sidi M'hamed et même dans les communes des banlieues est et Ouest comme Bab Ezzouar.Nombreux sont les mendiants et les fous dans les artères d'Alger. Un phénomène qui n'est pas nouveau. Ce qui suscite par contre la curiosité de beaucoup d'Algérois, c'est la présence, depuis quelques mois, d'immigrants subsahariens ? de nationalités nigérienne, tchadienne, nigériane, malienne, mauritanienne et même burkinabé et camerounaise ? dans les rues de la capitale. On les croise dans pratiquement tous les quartiers de la ville : Bab El Oued, Alger-Centre, Didouche Mourad, Belcourt, Sidi M'hamed et même dans les communes des banlieues ouest et est comme Bab Ezzouar. Ils s'installent devant les magasins, dans les gares routières, les marchés et dans les trains, devant les mosquées?Principalement des femmes et des enfants en bas âge, ils écument les principales artères, s'adonnant à la mendicité. Vieux, vieilles, femmes avec bébés et enfants sont ainsi allongés à même le sol ou entassés sur des lits de fortune en ces endroits pour demander? l'aumône !Abdoulaye et son ami de traversée du désert algérien, Camara, rencontrés hier au jardin de l'Horloge florale, en face de la Grande-Poste, font partie de ces rescapés subsahariens qui ont eu la chance de passer entre les mailles des services de sécurité aux frontières sud algériennes. Ils sont encore fatigués. Ils n'ont pas fermé l'?il depuis des jours. Allongés sur le gazon de ce jardin, leur sac faisant office d'oreiller, ils m'ont parlé d'une manière nonchalante. Hésitants, ils n'ont pas souhaité s'étaler sur le motif de leur aventure en Algérie. Leur seule préoccupation est de pouvoir se nourrir, sans se projeter sur l'avenir.A quelques pas de là, la Fac centrale. C'est devant cet édifice que Meimouna, une Malienne de 37 ans, a élu domicile avec sa fille de 7 ans. Meimouna dit qu'elle a fui la guerre qui ronge son pays. Après la mort de son mari, tué par les Islamistes, avec son enfant elle s'est réfugiée en Algérie, à Alger, puis à Oran. «Une fois en Algérie, une parente m'a conseillé de passer au Maroc pour être récupérée et embarquée par la suite vers l'Europe, mais avec le creusement des tranchées par l'Algérie sur le tracé frontalier, j'ai eu du mal à traverser», raconte-t-elle, peinée. En attendant, elle a dû revenir vers la capitale pour être plus en sécurité.Cependant, nombreux sont ceux qui, faute de moyens, sont restés dans les wilayas du Sud, notamment à Ghardaïa, Adrar et Ouargla. Longtemps terre de transit pour les migrants dans leur quête du mirage européen, l'Algérie est devenue, ces derniers mois, une terre d'immigration pour les Subsahariens. L'instabilité politique et les conflits dans les pays limitrophes de l'Algérie, notamment au Mali, au Niger, au Tchad et au Nigeria ont fait que le territoire algérien est un refuge pour ces populations. Ils ont fui pour la plupart le terrorisme, la misère et autres conflits meurtriers qui règnent dans leurs pays pour se réfugier dans un endroit plus sûr. Comme c'est le cas du Mali, plongé dans l'instabilité politique depuis plus de deux années. Et également du Nigeria qui fait face à l'extrémisme religieux, notamment le groupe Boko Haram, dans le nord du pays.Les violences en cours ont eu des répercussions sur les pays voisins, en particulier le Niger et le Cameroun, où des milliers de Nigérians ont fui le pays.La région du Sahel est sujette à des phénomènes cycliques de sécheresse et d'insécurité alimentaires ces dernières années. Ce qui a des conséquences désastreuses, en particulier au Niger et au Burkina Faso, deux pays en proie à des problèmes de malnutrition persistants.Du coup, c'est vers le nord, en Algérie en particulier, que ces Subsahariens tentent de se réfugier dans l'espoir d'une vie meilleure. Mais aussi, pour certains d'entre eux, tenter l'eldorado européen en passant par les villes de l'ouest du pays (Oran, Tlemcen, Sidi Bel Abbès).Par ailleurs, beaucoup sont devenu des commerçants ou ont été recrutés «au noir» dans le secteur du bâtiment et de la construction. Mais, ce n'est pas le cas de George, qui préfère le statut de ressortissant africain légal sur le sol algérien. «Ce que je demande au gouvernement algérien, c'est de régulariser ma situation, je veux travailler légalement en Algérie», nous dit George, rencontré boulevard Zirout Youcef, avec ses amis, étudiants à l'université de Bab Ezzouar. Si ce Camerounais a eu la chance de ne pas tomber dans les filets des services de sécurité, ce n'est pas le cas de dizaines Subsahariens qui, une fois arrêtés, sont refoulés ou traduits en justice car considérés en situation irrégulière en Algérie.Le même sort risque d'être réservé à cette Subsaharienne et sa fille, embarquées hier par la police rue Didouche Mourad, à Alger, selon des témoignages. Si l'expulsion de ces réfugiés commence déjà aux portes de Tamanrasset, il n'en demeure pas moins que ces arrestations et expulsions sont en totale contradiction avec les règles humanitaires qui protègent la liberté de circulation des peuples. Ces mesures coercitives violent également les accords qui régissent la circulation des personnes entre l'Algérie et les Etats subsahariens frontaliers. Ces Africains ne méritent-ils pas un meilleur traitement '


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