
A peine la rentrée universitaire entamée que l'Esba est déjà dans une mauvaise posture entachée par une énième grève des étudiants. Que se passe-t-il encore' Myriam Zeggat, artiste en 5eme année de peinture, activiste de la première heure, nous éclaire sur la question...L'Expression: Un an après le mouvement Infidjart dont vous êtes une des dynamiques porte -paroles et dont les revendications on le sentait, ne sont pas totalement satisfaites, vous êtes à nouveau en grève. Peut-on en connaître les raisons cette fois'Myriam Zeggat: Oui, ce sont les mêmes revendications que celles de 2015. Ce qui nous a poussés à agir aussi radicalement en début d'année est la situation chaotique qui sévit en ce moment. Le ministère a amputé de moitié le budget, on nous dit que l'école est endettée et ne peut plus nous payer un traiteur comme l'année dernière. Résultat des courses: on ne peut pas rester à la cité de Zéralda, l'OVA où les étudiants internes sont logés depuis bientôt deux semaines. Au niveau de la cité, les jeunes ne disposent pas de restauration, mais l'école a quand même décidé de lancer les cours mercredi 2 novembre. Pour régler le problème de la restauration, ils nous ont mis dans plusieurs cités au niveau d'Alger et nous ont mis dans l'indisposition, redéménager nos affaires et surtout, le transport! Une vraie galère. Du coup, pas de rentrée jusqu'à maintenant, alors on a décidé de stopper les «cours» qu'on voulait lancer malgré tout, contradiction absolue.Qu'en est-il du ministre de la Culture' A-t-il réagi' Et viendra-t-il vous voir comme l'avait fait Nadia Labidi Chérabi à l'époque'Le ministre vient lundi faire «l'ouverture», donc la rentrée des cours. Nous sommes en plein grand chaos logistique et pédagogique. Nous avions décidé de passer la nuit mardi dernier à l'école et on nous a envoyés le DAM (direct de l'administration et des moyens' Ndlr) du ministère de la Culture. Le DAM est venu le soir négocier avec nous. On nous a demandés de vider la cité de Zéralda (lundi soir, on avait jusqu'à jeudi) pour occuper plusieurs cités en petits groupes au niveau d'Alger et prendre le transport des étudiants en commun, donc à Tafourah. On a exposé notre refus au DAM avec nos arguments; il les a acquiescés. On a abordé aussi avec lui la question du statut de l'école supérieure, du diplôme, le LMD sachant que les programmes (pour l'instant) les sorties, workshops, et toute activité culturelle sont inexistants. Bref, la formation est pauvre et dépourvue d'organisation...Il nous a affirmé que le ministre viendra pour écouter tout cela et que la solution qu'on nous avait proposée était annulée, qu'on pouvait rester à Zéralda jusqu'a l'obtention d'un logement, transport et restauration décente pour les étudiants et ce, dans les plus brefs délais. On est déjà très en retard pour la rentrée. Toutefois, On continue l'arrêt de cours jusqu'à la venue du ministreQuelles sont vos revendications aujourd'hui'Les revendications ne concernent pas que l'école mais on rappelle à notre ministère que c'est tout le secteur qui souffre, qui agonise. Je vous informe qu'un communiqué de presse, une sorte de lettre ouverte réunissant tous ces points pour le public et le ministre, sera rédigé, avant lundi (rendez-vous du ministre à l'école), quant au LMD, il a encore été rejeté par le ministère de l'Enseignement, l'école nous dit qu'il demande de le «réviser». C'est encore très flou. Le DAM nous a affirmé qu' au moins six réunions autour de la condition de la formation, spécifiquement les beaux-arts, ont été tenues au ministère avec des responsables de la culture et d'autres ministères durant cette dernière année. On leur a encore une fois demandé de nous y inviter, mais on nous tient encore à l'écart.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : O HIND
Source : www.lexpressiondz.com