L'entêtement à faire aboutir la feuille de route devant aboutir à l'organisation d'élection présidentielle se heurte à une réalité implacable. Si le pouvoir ne cède pas sur une des revendications majeures que représente l'annulation des élections en prenant une décision dans ce sens, il se retrouve face à une situation inédite. Même s'il ne s'agit pas d'une réponse directe à une revendication, la rue s'approprie déjà une victoire.Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Jusqu'à hier, le doute planait sur l'organisation de l'élection présidentielle. Samedi soir, aucun candidat crédible n'avait franchi le seuil de l'institution de Kamel Feniche pour y déposer un dossier de candidature. Le lendemain, c'est cette même institution qui annonce avoir réceptionné deux dossiers.
Le communiqué du Conseil constitutionnel n'a pas entamé l'enthousiasme des millions d'Algériens qui guettaient depuis hier la décision de ladite institution. Il s'agit pour une grande majorité d'Algériens d'une victoire certaine. Depuis plusieurs vendredis déjà, le message de la rue est clair. Il existe un consensus pour un rejet total de la feuille de route proposée par le pouvoir. Ce dernier semble bien décidé à ne pas céder sur ce point en particulier. Pas question de reporter les élections ni d'aller vers une transition.
Le chef de l'état-major veut respecter le calendrier qu'il s'est tracé. Il l'a réaffirmé dans son dernier discours. La rue n'a pas attendu longtemps pour lui répondre. Pas d'élections ! ont scandé des millions d'Algériens, opposés à la feuille de route que veut imposer le pouvoir.
Si aucune décision n'est venue conforter la rue, c'est la politique du fait accompli qui le fait. L'absence de candidats sérieux discrédite de fait la consultation populaire. Mieux, l'opposition populaire à ce processus électoral sonne comme un référendum rejetant totalement cette option.
C'est dans la rue que le peuple promet d'être le 4 juillet prochain et non pas dans des bureaux de vote. Aucune intention de cautionner un processus qu'ils qualifient de vicié et de biaisé. Avant que le Conseil constitutionnel ne rende public son communiqué, les réactions sur les réseaux sociaux étaient toutes enthousiastes.
Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne des droits de l'Homme, écrivait : « L'élection présidentielle ne pourra pas se tenir, tout indique qu'on va vers son annulation ou son report, car rejetée par la rue, les partis de l'opposition, la société civile, les personnalités nationales.
Une autre victoire au peuple déterminé qui a fait échec à tous les plans du système .» Sur les réseaux sociaux, c'est un enthousiasme grandissant qu'a suscité l'éventualité d'une suppression pure et simple des élections.
L'impossibilité de les organsiner avait été à maintes fois réitérée par une classe politique qui s'y oppose. Même les candidats habitués à servir de faire-valoir ont fini par se rendre à
l'évidence?: l'impossibilité d'être en opposition avec ceux-là mêmes qu'on sollicite pour des voix.
N. I.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nawal Imès
Source : www.lesoirdalgerie.com