Réaction - Les avis sont partagés, mais les abstentionnistes semblent plus nombreux. Ce n'est pas la conséquence de l'appel lancé par les partisans de cette option, mais un désaveu de toutes les chapelles.
Les législatives du 10 mai prochain ne semblent pas mobiliser les citoyens qui préfèrent (encore une fois) rappeler aux «politicards», pour reprendre l'expression d'un citoyen, à quel point ils sont loin de leurs préoccupations. «Comment puis-je voter pour quelqu'un qui va gagner plus d'un million par jour ' Il ne faut pas compter sur moi pour aller aux urnes. Déjà, je n'ai jamais voté, comment voulez-vous que je vote cette fois-ci pour des candidats que je ne connais même pas», nous dit-il.
La vie sociale et le mal-vivre sont avancés comme des arguments de taille. «Les élus de l'APN ont permis l'exportation du poisson de mon pays. Moi je n'arrive même pas à acheter un kilo de sardine pour mes enfants, à 500 da le kilo», nous dit un citoyen accosté au niveau du marché Réda-Houhou. «Je ne voterai jamais pour ceux qui ont accepté un SNMG à 18 000 DA», nous dit un syndicaliste rencontré au niveau de l'esplanade de l'Ugta. «Il y a des candidats à l'APN qui ne veulent pas être payés, ils ont pris conscience qu'il s'agit de militantisme, mais c'est une partie infime.
Ils ne peuvent rien contre les caciques de toutes les tendances politiques qui se sont donné le mot d'ordre pour s'enrichir aux dépens du peuple», nous dit un citoyen que nous avons accosté au niveau de la librairie El-Ijtihad à la rue Hamani. Ce dernier, un professeur à l'université d'Alger, fait une comparaison entre deux démocraties, celle des Etats-Unis, un pays de 300 millions d'habitants qui sont représentés par 100 sénateurs et 435 représentants, et la France avec 60 millions d'habitants qui sont représentés par 350 sénateurs et 577 députés. «Si les Etats-Unis faisaient comme chez nous, ils auraient plus de 2 500 sénateurs et 4 000 députés et si l'Algérie faisait comme les Etats-Unis, elle n'aurait qu'une dizaine de sénateurs et seulement une cinquantaine de députés.» En tout cas, ceux que nous avons eu le privilège d'interroger parmi les députés sortant et qui savent que leurs jours sont comptés, savent aussi que durant leur mandat leur mission s'est résumée à «faire des critiques et attendre des promesses non tenues, notamment concernant le droit de regard et de sanction de l'action du gouvernement», disent-ils.
Voilà donc une autre frange de citoyens qui répond défavorablement au vote massif prôné par les partis politiques. «Les parlementaires, censés représenter le peuple, sont souvent tenus à l'écart. Ils apprennent l'information par voie de presse ou en recueillant quelques brides ici et là ou dans les coulisses de l'hémicycle.
Ça ne sert absolument à rien de répondre à des candidats qui ont montré leurs insuffisances. Ceux qui sont animés de bonne volonté sont écartés par leur parti politique. Ceux qui y figurent ne semble attirés que par le prestige du pouvoir législatif et le confort qu'il procure» disent, en résumé, plusieurs «intellos» que nous avons choisis parmi toute les couches de la société.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Info Soir
Source : www.infosoir.com