
Si c'est lui qui le dit, c'est que c'est vraisemblable. Peut-être même vrai, qui sait...Un ministre de la République qui a blanchi sous le harnais de la préfectorale (il est temps de dire la wilayale), ne fait pas de déclaration véhiculant le catastrophisme à un moment où les citoyens ont besoin d'être rassurés et de se sentir protégés par l'Etat. C'est bien de répudier la langue de bois de temps à autre. M. Abdelouahab Nouri, ci-devant ministre de l'Agriculture et du Développement rural, a pris sur lui de nous effrayer un peu parce que la situation qu'il décrit est on ne peut plus inquiétante. Venue de Bir El Arch, dans la wilaya de Sétif, la fièvre aphteuse n'est pas aux portes de la wilaya d'Alger qui abrite la capitale.Elle y est déjà au même titre que huit autres wilayas. En principe sans danger pour l'homme, auquel elle est très rarement transmissible, la maladie affecte principalement les bovins et les ovins qu'elle peut décimer à une vitesse foudroyante.En déclarant dimanche que «la situation est grave et le pays en danger si on ne parvient pas à éradiquer la propagation de la maladie», M. Abdelouahab Nouri n'a pas cherché à cacher la vérité. Son alarmisme, peut-être légèrement affecté, sonne comme un appel à mobilisation face à une extension probable de l'épidémie. Comment, diable a-t-on pu en arriver là 'Tout est venu de la route. Eleveurs et maquignons sont maintenant motorisés et on les rencontre partout sillonnant le pays et ses nombreux marchés à bestiaux dont il est manifeste qu'ils échappent au contrôle des autorités. C'est le ministre qui le dit, l'épizootie a pour origine une importation illicite de bêtes malades via les frontières Est. On savait la Tunisie en proie à l'épidémie de fièvre aphteuse et, apparemment, la surveillance à la frontière, sur les routes, dans les élevages et dans les marchés à bestiaux a fait défaut. Les services de l'Etat défaillants sont clairement pointés du doigt par le membre du gouvernement, qui cite également la police et la gendarmerie. Passons, intéressons-nous à la route algérienne.Pas à la seule autoroute Est-Ouest qui, à force d'alimenter la chronique judiciaire et celle des retards de livraison, va finir par perdre sa linéarité et ressembler à un... serpent des mers. Comme partout dans le monde, notre réseau routier est une portion du territoire national, il est emprunté et peuplé par les mêmes individus, citadins et ruraux.Normalement, les mêmes lois ordinaires devraient s'y appliquer. Eh bien, non. La route algérienne, en tant que zone de droit et de non-droit surévalue de fait la transgression et est considérée par toute une faune de ses usagers comme laxiste, voire protectrice des comportements délictuels. Le nombre des accidents et la mortalité routière n'enregistrent aucune inflexion, quand bien même les causes de ces fléaux sont identifiées et archi-connues. L'automobiliste est naturellement porté à l'indiscipline et il ne sert à rien de l'incriminer. Mais la route, et c'est la leçon de cette épidémie qui va faire une trouée dans le cheptel, ne véhicule pas que des...véhicules et des voyageurs. Victor Hugo lui aurait trouvé des corporations et des gangs que ne renieraient pas ceux de sa Cour des miracles.C'est la Route des miracles qui rend possible, de jour et de nuit, l'acheminement de centaines de tonnes de cannabis transbahutées du Maroc vers l'Algérie.C'est elle qui déchausse les plages et les oueds par les camions de sable extrait illicitement qui l'empruntent avec pour tout risque des contrôles plus qu'aléatoires. Encore et toujours elle, la mafia des fruits et légumes y est à l'aise avec ses camions et camionnettes chargés de marchandises sans factures et empêchant l'émergence d'un vrai marché favorisant la concurrence et une réelle loi de l'offre et de la demande.La Route des miracles est livrée à elle-même, à la loi du «graissage depattes» et des passe-droits (sic). Aujourd'hui la fièvre aphteuse, demain, ce sera quoi 'A. S.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Samil
Source : www.latribune-online.com