
La transsaharienne est l'un des plus vieux projets non encore achevés. L'idée de son lancement remonte aux années 60. Mais l'inauguration de ses travaux n'a pu avoir lieu qu'en 1973. Si le projet n'est pas abandonné 40 ans après, c'est qu'il est d'une importance avérée pour les Etats que la route doit traverser, en l'occurrence l'Algérie (3.400 km), la Tunisie (900 km), le Mali (1.974), le Niger (1.635 km), le Tchad (900 km) et le Nigeria (1.131 km). Cette voie routière, baptisée Route de l'unité africaine, longue d'environ 9.000 km, a pour vocation de désenclaver les régions sahariennes du Maghreb et du Sahel. Un objectif devant servir de tremplin aux échanges économiques et commerciaux. Elle doit par conséquent rendre possible l'intégration économique continental et constituer un véritable corridor entre l'Afrique subsaharienne et les ports de la Méditerranée connectés au réseau routier algérien. Deux capitales maghrébines, Alger et Tunis, relieront quatre capitales subsahariennes à savoir Bamako, Niamey, N'Djamena et Lagos, le tronçon central s'étirant entre la capitale algérienne et la capitale du Nigeria. Le plus dur semble passé pour ce projet d'envergure, confronté dans son processus de réalisation aux aléas de l'insécurité. Aujourd'hui, la volonté de le mener à terme est à la mesure des défis qui se posent aux pays concernés et à l'environnement de cette route qui ambitionne de se muer en autoroute Nord-Sud. Le programme du Nepad en fait même un projet prioritaire. Beaucoup d'objectifs y sont rattachés. L'infrastructure est perçue comme un vecteur de développement socio-économique, d'amélioration des conditions de vie et comme un instrument de renforcement de la stabilité et la paix pour la sous-région. L'intérêt de cette route pour l'Algérie s'est accru pour les perspectives économiques qu'elle entrevoit depuis qu'elle envisage de réajuster sa coopération avec les pays africains. Le ballet des chefs d'Etat africains à Alger illustre à bien des égards le regain d'intérêt pour le partenariat économique et commercial algéro-africain. Les accords signés à tour de bras en ce sens avec ces pays préparent le terrain à la promotion d'une nouvelle politique Sud-Sud qui valorise les potentialités continentales. De ce point de vue, la transsaharienne sera d'un appoint stratégique. L'Algérie a investi plus de 200 milliards de dinars (environ 3 milliards de dollars) au titre de ses programmes de développement quinquennaux. L'effort permet aujourd'hui de prédire que l'infrastructure sera parachevée en 2017 sur le territoire algérien. La volonté politique qui se décline présentement ambitionne d'avoir raison des bouleversements géostratégiques que charrient les foyers de tension qui parsèment le parcours dans la sous région sahélo-saharienne.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S C
Source : www.horizons-dz.com