Leministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, M. NoureddineYazid Zerhouni, a qualifiéde «révolution silencieuse» le cycle de formation programmé par son départementà l'intention des présidents d'APC et d'autres corpsdes collectivités locales. Le même ministre avait avant cela affirmé que sondépartement travaille à instaurer la «démocratie participative» au niveau desassemblées locales, en lieu et place de la «démocratie élective».
L'attentionque le ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales accorde à laformation des élus locaux et de leurs collaborateurs administratifs est uneinitiative dont l'on ne peut que se féliciter. Il est en effet indispensablepour beaucoup d'élus locaux et de responsables administratifs au niveau de nosmairies d'étoffer leurs connaissances en matière de règlementation et desprocédures de gestion auxquelles ils sont tenus de se conformer dans letraitement des affaires relevant de l'autorité communale.
Lesdernières élections locales ont, selon M. Zerhouni, envoyédans les assemblées communales et de wilaya une proportion d'élus ayant unniveau d'instruction supérieur, plus importante que celle dégagée lors desprécédentes élections. Pour autant, il reste que la plupart des nouveaux élusl'ont été sur des critères dans lesquels la connaissance des règles et de lalégislation qui encadrent la gestion des collectivitéslocales, n'a pratiquement pas compté dans le choix de leurs candidatures. Lesprécédents mandats ont montré que des élus, péchant par méconnaissance de larèglementation, ont commis des actes administratifs ou pris des décisions quitombent sous le coup de la loi, et cela pour certains en croyant travaillerdans la légalité.
Pourles empêcher de commettre ce genre d'infractions, il aurait fallu quel'encadrement administratif de leurs mairies soit en mesure de jouer les «garde-fous».Il fallait pour cela que cet encadrement maîtrise lui-même la complexité de larèglementation et soit au fait des changements dont elle fait l'objetcycliquement. Ce serait, de ce point de vue, effectivement «une révolution» queles élus locaux et leurs collaborateurs administratifs apprennent à se référerà la règlementation et aux textes en vigueur.
Quantà la «démocratie participative» que Zerhouni ditvouloir instaurer au niveau des collectivités locales, il faudrait que lesAlgériens soient au préalable considérés en tant que citoyens libres des'exprimer et de s'organiser sans avoir à faire au préalable acte d'allégeanceau pouvoir et à l'autorité administrative.
Peut-êtrequ'avant de promettre l'avènement de cette «démocratie participative», lespouvoirs publics devraient permettre que celle élective fonctionne en donnantaux collectivités locales et à leurs élus les pouvoirs et les moyens de remplirles missions qui leur sont dévolues en théorie. Tant que ces conditions ne sontpas remplies, parler de «démocratie participative», c'est en fait vouloircreuser encore plus large le fossé qui sépare déjà les citoyens de leurs éluslocaux, en partie parce que ces derniers n'ont finalement ni la latitude ni lesmoyens de répondre à leurs besoins.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com