Alger

La révolution de mon père 57e partie



La révolution de mon père 57e partie
Résumé : Nous suibissions tous les jours des tortures inimaginables. L'eau, l'électricite, la gégène, et tout le répétoire de nos tortionnaires. Si Ahmed, en tant que médecin, demandera à parler à un officier. On finira par appeler le médecin de la caserne, qui avait le grade de commandant. Ce dernier sympathisera avec nous, avant de nous annoncer notre tranfert... Nous étions des condamnés à mort.Un silence de mort plane sur les lieux. Chacun devait penser à sa famille... À ceux qu'il aime, et à ceux qui vont le pleurer... La mort nous fait-elle encore peur ' Nous l'avions affrontée mille et une fois... Et mille et une fois, nous lui avions echappé. Qu'en sera-t-il cette fois-ci ' Aura-t-elle enfin le dernier mot avec les rebelles 'L'officier pousse un long soupir avant de reprendre :-Franchement, vous m'en voyez navré... J'ai essayé de plaider votre cause auprès de mes supérieurs... Je vous assure... Croyez-moi, je l'ai fais... J'ai tenté l'impossible... Après tout, je suis un être humain... Un toubib qui a prêté serment.Il lance un regard à papa Si Ahmed qui lui sourit avant de dire :-Ne vous inquietez donc pas pour nous... Nous sommes tous préparés au pire. Lorsque nous avions pris les armes, nous savions que la mort nous guêttait à tout bout de champ. Alors que ce soit sur le front où ailleurs, nous l'acceptons. L'officier tranpirait de tous ses pores. Il jette un regard autour de lui, avant de hocher la tête :-C'est ça... Vous acceptez votre sort... Vous croyez au destin... Je... je suis désolé pour vous tous. Sur ce, le front plissé et l'?il bas, il quittera les lieux. Nous nous regardions un instant sans rien dire, puis papa Si Ahmed lance d'une voix ferme :-Quoi qu'il arrivera, soyons toujours unis mes frères... Si notre transfert, demain, signera notre arrêt de mort, nous saurons affronter notre destin avec courage et abnégation comme nous l'avions toujours fait. Les lions ne connaissent pas la peur...Nous hochons la tête. Chacun de nous avait repris sa place et s'efforçait de faire le vide en lui-même.Je n'avais ressenti ni peur ni chagrin. J'étais plutôt calme et me disait que cette fois-ci encore nous allons nous en sortir. Comment 'Je ne pouvais le savoir. Nous n'avions d'ailleurs jamais élaboré une stratégie d'évasion, parce que l'idée en elle-même nous paraissait saugrenue et improbable. La prison qui nous abritait était barricadée de partout... À la moindre oscillation d'une branche sur un arbre, des rafales de balles sont tirées. Des bergers allemands et des dobermans, étaient lachés dans la grande cour au moment de la récréation et des visites. Comment songer donc à la fuite dans un nid de cobras qui montaient une garde sans relâche.Papa Si Ahmed me tapote l'épaule :-Tu vas voir l'indépendance mon petit... Tu vivras encore de longues années sous le ciel de la liberté.Je souris :-Tu veux me rassurer, papa '-Je ne te rassure pas fiston... je suis certain de ce que j'avance.-Comment cela 'Il hoche les épaules :-Je ne peux rien te dire... J'ai le pressentiment que rien ne se passera... Nous allons tout juste changer d'endroit. Un frère lance d'une voix émue : -Nous aimerions bien le croire... mais tous ceux qui passent par là ne ressortent plus...-Tu ne m'apprendras rien là-dessus. Seulement, cette fois-ci, ce sera différent. Nous nous regardions sans prononcer un mot. Papa Si Ahmed semblait sûr de ce qu'il avançait. Mieux encore, son visage impassible renseignait sur sa confiance en lui-même et nous remontait le moral.Je retire un vieux journal sous ma paillesse. On nous interdisait tout courrier mais ma mère se debrouillait toujours pour me refiler un livre, un journal, une revue que je lisais clandestinement bien sûr. Parfois en plein nuit, alors que les gardes baissaient de leur vigilace, je m'emparais d'une minuscule lampe de poche que je cachais dans mon oreiller pour jeter un coup d'?il aux dernières nouvelles du pays.Le journal que j'avais ce jour-là datait déjà de trois ou quatre jours. Mais le plus important dans tout cela, c'est qu'on parlait de certains pourparlers politiques entre nos leaders et les autorités françaises. On faisait référence à un regroupement dans une ville française. Un regroupement qui devait aboutir à des solutions dans les meilleurs délais. Je tendis le journal à papa, qui lu les grandes lignes, avant de le faire circuler. Nous étions des condamnés à mort, et aucun garde ne faisait plus attention à nous. Pour eux, nous étions déjà morts. -On ne nous apprendra rien là-dessus, me dira papa Si Ahmed. Je savais que ces réunions politiques se poursuivaient depuis déjà un bout de temps.-Mais jusqu'à ce jour, rien n'a été fait...Il relève la tête et me regarde dans les yeux :-Cent trente années de colonialisation, sept années de guerre, et tu penses que les jeux sont faciles. Non mon fils... Non... ne sois pas aussi intransigeants dans tes propos. Des hommes sages et intelligents travaillent d'arrache-pied et dans des conditions qu'on pourra qualifier de périlleuses afin de concrétiser le rêve de l'indépendance. Tu conçois bien que nous n'allons pas permettre à ces «intrus» de rester chez nous indéfiniment... Nous sommes un peuple trop fier de ses origines pour vivre sous le joug d'un ennemi vorace.Il me tapote l'épaule, comme à ses habitudes lorsqu'il voulait me rassurer :-La patience paye toujours fiston. Qui vivra verra.Il s'étire et se laisse tomber sur sa paillasse, avant de fermer les yeux et de sombrer dans un sommeil profond. Tel un rescapé d'une longue chevauchée à travers le desert, papa Si Ahmed semblait paisible et serein. Avait-il eu écho de quelque chose '(À suivre) Y. H.NomAdresse email


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