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La révision du statut des walis s'impose



L'analyste politique, Brahim Zitouni, considère que l'administration ne doit plus s'ingérer dans la gestion des élus locaux. Il plaide également pour la révision du statut des walis, de leurs prérogatives et de leur mode de désignation.Rym Nasri - Alger (Le Soir) - Intervenant hier, sur les ondes de la Chaîne 3, l'analyste politique, Brahim Zitouni, estime qu'il ne peut y avoir de démocratie réelle sans transition énergétique et sans passer d'une économie rentière à une économie productive. «Les deux sont intimement liées», dit-il. Des changements, précise-t-il, dont seule l'affirmation du droit à tous les niveaux permettra de leur donner du contenu. Il rappelle que la rente et la bande, en partie en prison, ont bouleversé la logique étatique et le lien social qui unit un certain nombre d'institutions. Il cite, à cet effet, la régression qui a affecté tous les secteurs de l'économie et de la société. «Ces régressions sont terribles et touchent les mentalités. Il faut donc les résorber petit à petit afin de pouvoir guérir un corps qui a été empoisonné par la corruption», dit-il encore. Notant une «fragilité institutionnelle», il souligne la nécessité de redonner du souffle à l'ensemble des institutions nationales. Une condition sans laquelle, l'Algérie ne pourra pas traverser la crise constitutionnelle, après la crise sociale, politique et démocratique qu'elle a vécue. L'invité de l'émission précise, en outre, que la démocratie est celle qui touche d'abord la démocratie de tous les jours. Insistant ainsi sur une «démocratie locale», il considère qu'il ne devrait pas y avoir d'intrusion des autorités administratives chez les élus locaux. «ça ne doit plus exister», dit-il. Par contre, poursuit-il, l'Etat a des responsabilités vis-à-vis des collectivités locales en particulier budgétaires. «Il faut que l'Etat soit un animateur du développement local qui doit se faire de façon partagée entre les autorités administratives et le maire. Il y a de nouveaux équilibres à construire», ajoute-t-il.
L'analyste politique évoque dans ce sens, la position du wali qui, selon lui, devient de plus en plus problématique. «Au lieu d'être le prolongement de l'Etat central qui donne des orientations populaires, les walis deviennent, très souvent, une sorte de potentats locaux qui refusent le changement ou ne font rien pour changer. C'est là la problématique !», explique-t-il. Il plaide ainsi pour une réflexion sur le statut des walis, leurs prérogatives et leur mode de désignation.
«Il faudrait engager un débat là-dessus pour donner corps à un principe de la Constitution, celui de la décentralisation. Il est indispensable que le statut des walis soit réfléchi à nouveau», conclut-il.
Ry. N.
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