
C'est devenu une tradition, voire une règle d'usage sous les différents gouvernements d'Abdelmalek Sellal. Des ministres qui constatent et relèvent des anomalies dans leurs secteurs respectifs, des pratiques douteuses ou carrément des cas de corruption, mais qui ne prennent pas les mesures qui s'imposent en pareilles circonstances.Il est vrai que pendant les dix-sept ans de règne du président Abdelaziz Bouteflika, les ministres ayant figuré dans ses très nombreux gouvernements n'ont jamais eu réellement les coudées franches. Mais depuis le quatrième mandat, la marge de man?uvre des ministres des gouvernements Sellal - même si certains échappent à la règle pour des considérations autres et non moins intrigantes ? s'est davantage rétrécie, au point qu'un ministre n'a pas la liberté de poursuivre en justice des cadres de son secteur impliqués dans des pratiques illégales. Le dernier cas en date est celui du département du Commerce.Le premier responsable de ce secteur, Bakhti Belaïb, a annoncé, mardi, lors d'une conférence de presse, à Alger, qu'il avait mis fin aux fonctions de plusieurs cadres de son département pour avoir autorisé une marchandise inéligible au dédouanement à quitter le port. Le hic est que l'importateur de cette marchandise "non conforme" avait défié les services compétents du ministère du Commerce lorsqu'ils avaient découvert l'anomalie et bloqué les conteneurs au port.Il leur avait signifié qu'il allait débloquer la situation malgré eux. Ce qui a été fait. Mais voilà qu'il fallait l'intervention du ministre du Commerce, en personne, pour redresser la situation. Quoique pas totalement, puisque la marchandise a fini par être saisie, mais les cadres impliqués dans l'affaire ont seulement été limogés.Le ministre du Commerce n'a pas déposé plainte alors que son département est en droit et en devoir de se constituer partie civile dans cette affaire. Bakhti Belaïb doit avoir ses raisons de ne pas le faire, puisque son collègue du département du Tourisme, Abdelouahab Nouri, qui avait récemment dénoncé l'attribution de terrains d'assiette d'une superficie de 65 hectares dans le cadre du projet Dounia Parc, à l'ouest d'Alger, de manière illégale, s'est vu désavoué, quelques jours après, par son Premier ministre, Abdelmalek Sellal. Ce dernier, nous explique-t-on, n'aime pas et redoute particulièrement les scandales. Des sources proches du Premier ministère affirment qu'Abdelmalek Sellal n'aime pas aussi que des affaires, remettant en cause la probité de son gouvernement, soient exposées devant les tribunaux.Le cas de l'ex-ministre de la Culture, Nadia Labidi, rappelons-le, qui avait pris le risque de poursuivre en justice la SG du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, s'est vu écarté de l'Exécutif. La raison, nous explique-t-on, est que "Abdelmalek Sellal, et pas seulement, redoutait ce procès en ce sens que les révélations de Louisa Hanoune, devant un tribunal, risquaient de mettre tout le gouvernement face à ses responsabilités".Un gouvernement qu'Abdelmalek Sellal préfère pas très bavard, puisque nos sources précisent que "le Premier ministre préconise aux membres de son gouvernement de ne pas trop s'étaler pendant les réunions du gouvernement, ou en Conseil des ministres".Mehdi Mehenni
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mehdi Mehenni
Source : www.liberte-algerie.com