
Parallèlement au défi de la résorption de la crise du logement née dans les années 80' à la faveur du boom démographique post-indépendance, un autre défi se pose devant les pouvoirs publics.Il s'agit de la maintenance du parc immobilier déjà existant construit pendant la période coloniale. Une maintenance qui se fait essentiellement à travers la réhabilitation du vieux bâti.C'est le cas à travers les grandes villes : Alger, Constantine, Oran et Annaba particulièrement, où les travaux ont démarré depuis 2012 et se poursuivent encore. Nos villes sont en effet en éternel chantier. A chacune de ces régions son lot d'immeubles et d'habitations à réhabiliter à coups de milliards de centimes puisés dans le Trésor public.Longtemps ignorée, la rénovation du vieux bâti est aujourd'hui le centre d'intérêt des pouvoirs publics. Et c'est le cas précisément depuis le tremblement de terre mai 2003, où de nombreuses bâtisses ont subi des dégâts à différents degrés dans les wilayas du centre. Cette dégradation du parc immobilier a poussé les pouvoirs publics à prendre des mesures dans le cadre des opérations de réhabilitation. Mais au total, combien a coûté cette opération de lifting ' Ce qui est certain pour l'heure, c'est que les chiffres rendus publics à cet effet divergent. Idem pour les niveaux de consommation. Et pour cause, les responsables en charge de ce dossier ne communiquent pas assez sur ces projets qui s'éternisent et qui s'apparentent pour de nombreux observateurs à des actions de rafistolage, sans plus. Vétusté du bâti, un problème chronique«Le problème est chronique depuis l'indépendance», nous dira à ce sujet le président du collège national des experts architectes (CNEA), Abdelhamid Boudaoud.Pourquoi ' «Car, nous expliquera-t-il, la priorité des priorités se limitait exclusivement à la quantité des logements à livrer sans tenir compte du parc immobilier vétuste».Et de préciser que rien qu'à Alger, 45% du parc immobilier est aujourd'hui en état de vétusté. Pour notre expert, il ne s'agit pas uniquement de construire du neuf, mais d'en assurer régulièrement l'entretien et la maintenance face à l'usure du temps mais aussi aux aléas de la nature. Ce qui explique d'ailleurs la nécessité de doter chaque bâtiment d'un carnet de santé. «Sinon à quoi bon construire plusieurs logements par an si on perd autant en raison d'une maintenance inexistante '» s'interrogera M. Bouadaoud qui poursuivra : «L'?uvre n'est pas l'affaire d'un seul ministère mais de tous les secteurs concernés.» Déficit en entreprises de réalisationA cette lacune s'ajoute un autre problème, le manque criant d'entreprises de réalisation. En plus d'être coûteuse financièrement, l'opération est lourde à mener faute de sociétés nationales capables de mener à bon port ces projets. Mais aussi faute de main-d'?uvre qualifiée.Ce n'est que ces derniers temps que le département de la formation professionnelle a multiplié les formations dans les métiers du bâtiment. Globalement, le constat des experts évoque des problèmes au niveau des entreprises locales sur les plans interne et externe. «Sur le plan interne, la faiblesse de l'encadrement constitue la contrainte la plus manifeste, car elle influe directement sur l'organisation.Ce qui donne une mauvaise planification de programmation, d'approvisionnement, d'exploitation et de production», nous dira M. Boudaoud. Au niveau externe, on évoque l'absence de structures d'engineering, d'études préalables de l'environnement et le manque de stratégie. En attendant que tous ces manquements soient comblés, ce sont les sociétés étrangères qui décrochent les projets de rénovation. Mais en cette période d'amenuisement des ressources financières du pays... .
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samira Imadalou
Source : www.elwatan.com