Cheikh Mohamed Khaznadji, l'un des interprètes les plus représentatifs du genre andalou, a été honoré , vendredi soir, à la salle Ibn Zeydoun de Riad El Feth par l'Office national des droits d'auteur et des droits voisins.
C'est dans une salle archi comble et devant un public de choix qu'un hommage à l'une des figures de proue de la musique andalouse a été rendu. Etaient présents à cette soirée conviviale la ministre de la Culture Khalida Toumi, des hommes et femmes de la chanson, du cinéma et du théâtre. Le programme initié à cette occasion était des plus alléchants. Comme le veut la tradition, la soirée a été étrennée par une présentation succincte de la vie et l''uvre de l'artiste émérite Mohamed Khaznadji. Pour mieux s'imprégner de cette richesse artistique, un film documentaire des archives de la Télévision algérienne, a été projeté.
Avec la prestance et la modestie qu'on lui connaît, Mohamed Khaznadji a fait appel à sa mémoire pour parler de ses débuts et du parcours de sa riche carrière. Il n'omettra pas au passage de citer ses maîtres, les regrettés Abderrahmane Belhocine et Mohamed Fakhardji, lesquels lui ont appris la rigueur et le sérieux dans le travail. Ce documentaire a été ponctué de vibrants témoignages émanant de certains de ses amis. Place ensuite à la musique. L'Orchestre régional d'Alger, sous la direction de Mokdad Zerrouk, fait son entrée sur scène sous des salves d'applaudissements. Habillés de tenues traditionnelles des plus élégantes - karakous et caftans pour les femmes, pantalons, boléros et chéchias pour les hommes - les musiciens se sont illustrés dans l'exécution des morceaux de musique.
L'orchestre était rehaussé par la présence d'une belle brochette de vingt-quatre musiciens, dont, entre autres, Lamia Madini, Zakia Kara Turki, Imène Soheir, Rachid Toumi et Nacer-Eddine Chaouli. Le concert a débuté par une belle introduction et de très belles compositions andalouses ont été interprétées à l'unisson et individuellement. En effet, Mokdad Zerrouk a entamé la série de chants andalous en solo, suivi d'autres voix envoûtantes, à l'image de Lamia Madini avec Bahr El Rouchak, Zarani El Habib, Rachiyton, puis vint le tour de Rachid Toumi avec Ya thaouw El moukabil, d'Imène Soheir avec Souhbane Khaliki, Zakia Tara Turki Selli houmoumek fi hadi el achia, et Nacer-Eddine Chaouli avec Ya Zin El Fassi, Achek ouayli.
Des interprétations musicales accompagnées de vibrants youyous et d'applaudissements nourris. Pour mieux accompagner ces voix divines, quatre éléments du Ballet national ont exécuté des pas de danse algéroise des plus raffinés. Après ce bouquet musical choisi, l'artiste Mohamed Khaznadji s'est vu offrir une compilation regroupant l'ensemble de ses 'uvres, d'un trophée honorifique et d'un bouquet de fleurs. D'une voix émue, l'artiste a remercié l'assistance d'être venue aussi nombreuse ainsi que le ministère de la Culture de l'avoir honoré.
«Je suis ému de recevoir aujourd'hui, à mon âge, cette distinction. Dieu m'a prêté vie afin que j'assiste à cet hommage et au cinquantenaire de l'indépendance de mon pays», dit-t-il humblement. Comme pour mieux remercier les mélomanes, il prend le micro pour entonner de sa voix majestueuse et forte à la fois une pièce maîtresse des plus célèbres de son répertoire, à savoir Arakoum bi kalbi min bilad baîd. L'émotion est à son comble. Le timbre de sa voix n'a pas changé d'un iota. Pour rappel, Mohamed Khaznadji est né en 1929 à La Casbah d'Alger. Il montrera des prédispositions artistiques au contact de grands maîtres, tels que Mohamed Benchaouch, Mourad Bestandji, Mohamed et Mahieddine Lakhal. Il a alors pour maître cheikh Abderrahmane Belhocine.
Ce dernier le guidera dans ses premiers pas sur scène. Cet ancien récitant du Coran réussira très vite à imposer sa marque comme interprète au sein du grand orchestre dirigé par cheikh Mohamed Farkhadji, puis ensuite en soliste dans diverses structures musicales. Mohamed Khaznadji est réputé pour sa parfaite maîtrise d'«El Takliba», style andalou consistant à passer rapidement la voix de la note la plus élevée dans les aigus à des degrés qui vont de la tierce à l'octave inférieure.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nacima Chabani
Source : www.elwatan.com