
Le développement de la technologie et de l'innovation, soutenu par la protection de la propriété intellectuelle, passe par un cadre juridique stable et une réglementation qui encouragent l'entrée de nouveaux acteurs sur le marché, ont estimé, mardi à Alger, des experts. La protection de la propriété intellectuelle est une des conditions pour encourager l'innovation et rattraper le retard dans ce domaine en Algérie, a souligné Amor Zahi, professeur à la faculté de droit de Ben Aknoun lors d'un colloque sur le management et l'innovation organisé par la Confédération des cadres des finances et de la comptabilité. « Ce retard pousse à opter pour le régime de licence », a-t-il ajouté, précisant que ces défaillances sont constatées malgré l'importance des budgets consacrés à la recherche scientifique (en Algérie). Mais, « il arrive que certains chercheurs qui découvrent, par exemple, des vaccins, se demandent à qui revient le droit de déposer le brevet », regrette-t-il, se posant la question de savoir si cela revient au chercheur ou à la structure qui l'emploie. Cet exemple illustre, selon lui, le constat selon lequel « la réglementation peut constituer un frein à l'innovation ». La même opinion est partagée par d'autres intervenants, à l'instar de l'ambassadeur du Japon à Alger, Tsukaa Kawada, qui a souligné que l'innovation ne va pas toujours de pair avec la réglementation car l'innovation fait, au contraire, appel à la notion d'« esprit libre ». Mais, ces réserves n'empêchent pas le diplomate de plaider la mise en place d'un cadre juridique adéquat pour protéger les brevets d'invention d'où la nécessité, selon lui, « de légiférer sur la protection de la propriété intellectuelle ». Le responsable de la coopération auprès de la délégation de l'Union européenne à Alger, Paolo Martins, a souligné, de son côté, que cette protection de l'acte d'innovation a indéniablement des effets sur le consommateur. Des représentants d'autres pays occidentaux ont expliqué aux participants leurs expériences dans le domaine de l'innovation. Elizabeth Moore Aubin et Markus Haas, respectivement conseillers aux ambassades des Etats-Unis d'Amérique et d'Autriche, ont insisté sur la pertinence du cadre juridique pour parvenir à un climat des investissements serein. Les exposés sur les expériences étrangères en matière de management et d'innovation ont suscité un débat de la part des jeunes Algériens porteurs de projets, qui ont centré leur intérêt sur les moyens de passer du stade d'idée à un projet d'investissement dans des domaines aussi sensibles que les molécules utilisées dans la production de médicaments ou de développement de logiciels informatiques. La relation entre l'université et l'entreprise a aussi été abordée par les participants, dont certains ont évoqué les projets de recherche de porteurs de projets et soutenus par les universités algériennes. Mais, sur le plan financier, il est souvent difficile de passer du stade de projet au financement, et ensuite à la phase industrialisation, ce qui a conduit des intervenants à aborder le dossier des incubateurs des jeunes sociétés (start-up) et des actions de coaching menées par des entrepreneurs ayant déjà une longue expérience dans le management.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Horizons
Source : www.horizons-dz.com