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La promotion de la lecture fait du surplace



La promotion de la lecture fait du surplace
Le Salon international du livre d'Alger attire les «foules» aux Pins maritimes et les organisateurs déclareront certainement leur satisfaction à la clôture de cette manifestation qui baissera rideau le 8 novembre prochain. Tout un pavillon est dédié au «jeune public», comprendre les enfants, signifiant ainsi que les bambins sont la première «cible» de ce Salon. Les «foules» qui s'agglutinent au pavillon du jeune public sont-elles représentatives de la population algérienne ' Les enfants des quatre coins de l'Algérie auront-ils droit à des livres intéressants qui leur feront aimer la lecture ' Une seule réponse à ces deux questions : non !Il est clair que les objectifs du Sila ne sont pas aussi larges que cela et que ses initiateurs sont conscients que pour promouvoir le livre et la lecture, l'action essentielle ne peut venir que des pouvoirs publics et ne peut passer que par l'école. Cette école qui accueille quotidiennement des millions d'enfants et qui est capable de faire passer le message. Le secteur del'éducation est le seul à avoir les moyens infrastructurels, matériels et pédagogiques pour mener à bien cette mission ô combien délicate. Il est curieux de voir que le livre et la lecture n'ont pas la place qui leur sied dans les établissements scolaires algériens, après tant de discours et de mesures.Plus curieux encore, c'est cette propension du secteur de l'éducation à associer, coûte que coûte, celui de la culture dès qu'il s'agit de la question de la lecture publique. Connaissant l'état de la culture dans notre pays il ne sera pas bon, pour l'éducation, de s'y frotter. Comme si l'on demandait à nos enfants de danser avec un livre, comme le faisait Kevin Costner avec les loups. Parce qu'aujourd'hui, le folklore a mis la culture entre parenthèses, en attendant de jours meilleurs, et les «épidémiologistes» le classent parmi les maladies contagieuses qui risquent de toucher gravement le livre et son petit lecteur. Donc les responsables de l'Etat doivent comprendre une bonne fois pour toutes que le livre est fait pour être lu et compris et non pour danser avec.D'ailleurs, avant même que les enfants ne soient invités à danser avec le bouquin, les responsables de l'Etat, notamment ceux des secteurs de l'éducation et de la culture, semblent s'y mettre. Eux qui n'arrivent même pas à mettre en ?uvre une mesure prise quatre ans plus tôt. La convention signée par les deux départements visait la réintroduction du livre à l'école et stipulait l'obligation faite aux élèves de lire au moins quatre livres par an, en plus de l'institution de concours de dictée et de lecture pour les encourager. Depuis, Boubekeur Benbouzid et Khalida Toumi ont dansé avec le livre et leur décision. Nouria Benghebrit et Nadia Labidi semblent apprécier cet «art» et continuent à valser avec le livre. Elles semblent surtout avoir compris qu'une telle mesure ne peut connaître une mise en ?uvre dans l'état actuel du programme scolaire. Comment peut-on obliger un enfant à lire quatre livres quand l'enseignant n'arrive même pas à finir son programme sans l'aide des parents ' Et la réintroduction du livre à l'école ne peut se faire sans un allégement du programme scolaire, au risque de voir les écoliers prendre la lecture pour une séance ennuyeuse, voire un supplice, alors qu'il s'agit de réussir à leur faire aimer le livre et la lecture. À quand cette décision salutaire qui mettra fin à cette danse avec le livre 'M. B.


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