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La preuve par 4



La preuve par 4
"Je ne vous cache pas que ce qu'il y a de plus savoureux dans cette qualification, c'est qu'elle se réalise pour la quatrième fois."En usant, avant-hier, à Chlef, d'un tel raccourci pour faire le lien entre la qualification de l'équipe nationale de football au Mondial et le quatrième mandat, le Premier ministre laisse apparaître tous les égards qu'il voue à "la foule" venue l'écouter.Déjà qu'il détourne, depuis des mois, sa mission de coordination de l'action du gouvernement vers une entreprise de campagne, voici qu'il subtilise l'unique motif de joie populaire au profit de son candidat, alors qu'il ne peut surtout pas prétendre que la victoire puisse devoir quelque chose à la politique des sports du régime. Une non-politique des sports, plutôt, où, paradoxalement, la politique profite du sport sans que le sport ne profite de la politique !Quatrième qualification... quatrième mandat.Un peu trop simple, non ' Ou alors, faudrait-il désespérer de l'intelligence de ce peuple s'il en venait à succomber à quelque magie de ces formules si peu recherchées qui jalonnent la croisière de ce haut comité de campagne qui se présente, wilaya après wilaya, sous forme de délégation gouvernementale.Et puisque "quatre" semble en voie de s'ériger en chiffre incontournable de l'année et qu'il faille l'associer à des aphorismes à l'emporte-pièce, proposons celle-ci, par exemple : jeudi dernier, au moment où Sellal évoquait le quatrième mandat sur le mode humoristique et subliminal, la Cour suprême renvoyait pour quatre semaines encore l'examen des recours dans l'affaire de l'autoroute Est-Ouest, une affaire enlisée depuis quatre ans déjà dans les dédales procéduraux.Mais encore, cette autre charade : alors même que la première affaire Khalifa n'a pas été rejugée comme prévu, nous n'avons plus de nouvelles des quatre autres dossiers Khalifa.C'est pourtant le procureur de Blida qui, le 24 février 2007, au moment du réquisitoire du premier procès Khalifa, déclarait : "Le procès de la caisse principale n'est que le début de l'affaire.Il y a d'autres dossiers ouverts au niveau de l'instruction. Il y a l'achat des actions pour 8 millions de dollars, des actions de la Fiba, le transfert illicite de 45 millions d'euros qui ont servi à l'acquisition de la villa de Cannes, dans laquelle un notaire est impliqué. Il y a également l'achat des cinq unités de dessalement de l'eau de mer et le transfert de 81,5 millions d'euros avec des factures trafiquées. Je cite quelques-uns de ces dossiers juste pour vous dire que l'affaire n'en est qu'à son début." Un "début" qui n'en finit pas."One, two, three..." Après Sonatrach 1, Sonatrach 2, voici peut-être Sontrach 3 (soupçon de prise de commissions sur des ventes d'hydrocarbures) qui pointe. Il nous faudra sûrement patienter, puisque les deux premières n'ont plus émergé depuis un certain temps. Mais, en tout cas, pas avant le quatrième mandat, qui a certainement besoin d'un climat de silence pour sa sérénité.Dans les quatre mois à venir, il ne sera donc question, pour le régime, que de quatrains élogieux et badins. Et avec ces quatrains de campagne, le Premier ministre qui, pourtant, ne reconnaît aucune utilité à la poésie, pourra faire passer l'échec pour une réussite et, comme Baudelaire, dire : "Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or."Et la fraude fera le reste.M. H.musthammouche@yahoo.frNomAdresse email


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