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La preuve flagrante que Nourredine BELMOUHOUB a bien été kidnappé par le DRS



La preuve flagrante que Nourredine BELMOUHOUB a bien été kidnappé par le DRS
par Djamaledine Benchenouf, mardi 25 octobre 2011, 09:56
Noureddine BELMOUHOUB, le militant des Droits de l'Homme a été enlevé, en plein jour, au centre ville d'Alger, par des individus qui n'ont même pas pris le soin d'être discrets, ni de dissimuler leurs visages. Le rapt a eu lieu devant des centaines de témoins. La victime a été embarquée, sans ménagement, à bord d'un véhicule, qui s'est engouffré dans la circulation, comme si de rien n'était. La police, présente sur les lieux n'a pas cru bon intervenir.
C'est la marque de fabrique des agents du DRS, qui ont pris l'habitude de se comporter comme en pays conquis, parce qu'ils sont assurés de l'impunité la plus totale.
Mais là où le crime est signé de façon catégorique est la réaction, ou plutôt le manque de réaction de toute la presse algérienne.
Hormis le journal El Watan, dont il ne faut pas douter qu'il risque des problèmes sérieux, aucun journal algérien, aucune radio, ni la télévision algérienne, n'ont traité, ne serait-ce que d'une ligne, ni d'une simple allusion, de cette affaire qui défraie pourtant la chronique, dans la rue, sur les réseaux sociaux, et jusqu'à des médias étrangers. Rien !Pas un mot !
N.Belmouhoub est pourtant une personnalité connue, pour son intense activité, pour ses dénonciations fracassantes contre le régime, et surtout pour avoir porté plainte contre le Général Nezzar, entre autres, pour crimes contre l'humanité. Général, rappelons-le, qui vient d'être interpellé par la justice helvétique, à la suite de plaintes déposées contre lui, pour des cas de torture.
Un autre détail important, et qui permettra de faire une lecture appropriée est que N.Belmouhoub est membre du Bureau du FCN, un groupement d'Algériens qui militent résolument pour un changement de régime, et l'avènement d'un Etat de Droit.
Or, malgré tous ces éléments, bien que ce militant, connu et reconnu, ait été enlevé en plein Alger, et malgré la formidable clameur qui a suivi ce forfait, la presse algérienne a observé un silence sidéral sur l'affaire. L'explication en est toute simple, pour n'importe quel Algérien qui connait le mode de fonctionnement du système : Une injonction a été lancée à toute la presse d'observer le black-out sur cet enlèvement.
Or, si les services de ce régime, et tout particulièrement sa police politique, en l'occurrence le redoutable DRS n'y étaient pas impliqués, pourquoi ordonner à la presse de ne pas en parler, de la plus petite manière ' Question de simple bon sens populaire.
Autre détail significatif, pourquoi les services de sécurité, s'ils ne sont pas concernés au premier chef par cet enlèvement, n'ont-ils pas entrepris de déclencher une enquête sur ce rapt, malgré les demandes de la famille et des amis de N.Belmouhoub '
Ce sont là des logiques imparables, y compris pour les « noyeurs » de poisson, comme le Général Nezzar, qui dans ses récentes déclarations à la justice suisse a catégoriquement nié l'existence d'une police politique, d'enlèvements, de torture, d'exécutions extrajudiciaires et de carnages contre les populations civiles.
C'est donc une évidence que personne de sensé, et qui connaisse les méthodes du régime algérien, que N.Belmouhoub a bel et bien été enlevé par le DRS, ou des milices qui lui sont inféodées.
Les Algériens retiendront néanmoins, lorsque viendra le moment de la véritable liberté d'expression, que tous ces journaux qui bassinent l'opinion publique sur le rôle d'avant-garde, et de champions de la liberté d'expression qu'ils auraient arraché de haute lutte, ne sont que des entreprises vénales, qui se vautrent dans toutes les compromissions possibles et imaginables, jusqu'à accepter de faire silence sur le rapt d'un homme, sur les mauvais traitements qu'il subit peut-être en ce moment même, voire sur la menace qui pèse sur sa vie, en espérant toutefois qu'il est encore de ce monde.
Est-ce cela la liberté d'expression ' Est-ce cela cette indépendance vis-à-vis du régime, dont les patrons de presse nous rebâchent les oreilles, à longueur de colonnes ' Est-ce cela ce professionnalisme intransigeant qu'ils affichent en présence de leurs confrères étrangers '
Les Algériens n'oublieront rien de ces viles attitudes. Puisque chaque jour ils découvrent encore plus que la veille, que cette corporation est une presse aux ordres. Tellement aux ordres, et parfois même avec un enthousiasme impudique, qu'elle se complait à exposer de façon outrancière les signatures de certains parmi ses journalistes qui sont des représentants quasi officiels du DRS, et qui se sont vus octroyer des espaces d'éditorialistes, de grands reporters, de directeurs de la rédaction, de rédacteurs en chef, et autres titres vidés de toute signification réelle.
En tous les cas, cette presse aux ordres a au moins un mérite. Celui d'obéir aveuglement, et sans aucun discernement à ses maîtres. Cela permet de faire des lectures appropriées, sans risque de se tromper. Et ainsi, lorsque dans une incroyable unanimité, elle observe un black-out total sur un kidnaping, c'est que celui-ci est signé par qui ont sait. Clair comme de l'eau de roche.
El Watan, qui a dérogé vraisemblablement à cette injonction, ou à cette autocensure, a beaucoup de mérite d'avoir brisé l'omerta. Ce journal semble avoir décidé, depuis quelque temps, de prendre ses distance avec les donneurs d'ordre. Nous n'ignorons rien de ce qui peut lui en coûter. Mais nous prenons acte du courage de ses dirigeants, et de ses journalistes. Puisse-t-il parvenir à briser toutes ses chaînes.
D.Benchenouf
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