La visite de François Fillon s'est étalée, hier, sur les colonnes de l'ensemble de la presse parisienne. Premier voyage algérois d'un Premier ministre français depuis 1986, le déplacement a été suivi par une vingtaine d'envoyés spéciaux, tous supports confondus. Sans passer sous silence les «gains» de la visite, les journaux pointent l'attitude d'Alger au sujet de l'Union pour la Méditerranée (UPM). «Fillon se heurte au mutisme de Bouteflika», commente Libération. «Bouteflika se fait prier», note Le Figaro. «Bouteflika fait durer le suspense», enchaîne Les Echos. «Les hésitations de Bouteflika», relève Le Parisien. «Les bras chargés de contrats», le locataire de Matignon est «allé plaider, à Alger, la cause de l'UPM», écrit le premier journal, dont la ligne éditoriale ne ménage guère la majorité au pouvoir à Paris. A El Mouradia, le Premier ministre français «a eu droit à un accueil poli, sans enthousiasme».
Pour Libération, le suspense entretenu par Bouteflika est loin de signifier une prise de distance irrémédiable d'Alger par rapport à l'Union chère à l'Elysée. «Signe de l'intérêt qu'ils portent au projet, les Algériens ne la désignent plus que par son sigle, l'UPM». Pour autant, relève le journal, «ils en préfèrent la version originale, lancée par Sarkozy pendant sa campagne électorale» à la copie revue à l'aune des réserves de Berlin et de Bruxelles. «L'esquive du chef de l'Etat algérien était attendue par la délégation française, qui entretient un optimisme prudent», fait remarquer Le Figaro. Et le journal d'interpréter «les hésitations d'Abdelaziz Bouteflika» par des raisons «en partie liées au Proche-Orient».
Dans le feuilleton des visites croisées qui se succèdent depuis la restauration du dialogue politique franco-algérienne, le déplacement de Fillon résonne comme une singularité. Du moins dans l'esprit du Figaro. «La relation franco-algérienne était jusque-là incarnée par le tête-à-tête complexe des présidents». Désormais, «elle se diversifie avec l'entrée en scène» du locataire de Matignon. «Cette nouveauté contribue à décrisper les rapports. Elle ne les simplifie pas pour autant». Pour Thierry Oberlé, envoyé spécial du journal de droite, «dénué de passé algérien, Fillon a l'avantage de ne pas souffrir d'une image préconçue» au miroir des Algériens. «Mais il présente peut-être l'inconvénient d'exercer un emploi précaire» au regard d'un mandat quinquennal à l'Elysée. A la différence de ses confrères, Le Monde préfère plutôt titrer sur les paraphes de nouveaux outils de coopération dans les domaines du nucléaire et de la défense. «Au-delà de ces accords, c'est la relation franco-algérienne qui est relancée» au moment où Bouteflika «continue de laisser planer le doute sur sa venue à Paris» pour les besoins de l'acte de naissance de l'UPM. Et si le chef de l'Etat algérien venait à répondre aux abonnés absents à la mi-juillet ? Le Parisien se garde de parier sur cette hypothèse. «Venu à Alger deux fois, Sarkozy ne peut imaginer que l'Algérie de Bouteflika boude son projet» méditerranéen.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : L'un De Nos Correspondants A Paris : S Raouf
Source : www.lequotidien-oran.com