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«La presse algérienne a payé un lourd tribut» Soazig Dollet, chef du bureau Afrique du Nord et Moyen-Orient de Reporters sans frontières (RSF), au Temps d'Algérie :



«La presse algérienne a payé un lourd tribut» Soazig Dollet, chef du bureau Afrique du Nord et Moyen-Orient de Reporters sans frontières (RSF), au Temps d'Algérie :
Le Temps d'Algérie : Quel souvenir vous laisse l'attentat terroriste qui a ciblé le siège de la maison de la presse en 1996 '
Soazig Dollet : Reporters sans frontières avait fermement dénoncé cet attentat qui avait visé la maison de la presse. Pendant les années noires, entre 1993 et 1996, la presse algérienne a payé un lourd tribut.
De nombreux professionnels de l'information ont été délibérément pris pour cible, tout comme les locaux abritant les médias. Reporters sans frontières a beaucoup milité afin que la lumière soit faite sur l'ensemble des crimes commis. L'organisation a également beaucoup travaillé sur les disparitions, en vain, sans jamais obtenir aucune information. A l'époque, Reporters sans frontières était interdite de séjour en Algérie, ce qui ne facilitait pas le travail d'enquête. A défaut, des campagnes de mobilisation avaient été organisées à Paris.
Comment appréciez-vous la situation de la presse, aujourd'hui, en Algérie '
Aujourd'hui, il y a un réel pluralisme de la presse écrite, avec une vraie liberté de ton. Mais la situation de la presse, des journalistes, de la liberté d'expression est loin d'être mesurable à l'aune du nombre de titres dans les kiosques.
La situation en Algérie est particulièrement complexe et subtile, et les difficultés des journalistes ont évolué dans le temps. L'Algérie reste aujourd'hui un des rares pays arabes à conserver des monopoles dans différents domaines des médias, monopoles d'Etat qui constituent autant de moyens d'entraves très nets à la liberté d'expression dans ce pays aujourd'hui.
La situation sécuritaire s'est nettement améliorée'
La période des «années noires» est terminée. Aujourd'hui, plus aucun journaliste n'est tué en Algérie du fait de ses activités professionnelles, et ce depuis des années. Mais si les journalistes ne craignent plus pour leur vie, leur marge de man'uvre pour s'exprimer tend à être, mine de rien, limitée, du fait de pressions politiques judiciaires, techniques et économiques.
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