Le dernier rapport sur les flux d'investissement de l'observatoire méditerranéen Anima, publié à la fin de l'année dernière, révélait une année 2011 dominée par le projet immobilier Dounya Park après le niveau «historiquement bas» des annonces d'investissements étrangers en 2010. Les accords de partenariat conclus à la fin de l'année 2012 permettront-ils de relancer la dynamique de l'investissement étranger en Algérie '
L'une des principales victimes de ces nouvelles annonces pourrait déjà être la règle non écrite qui a consisté jusqu'ici dans le choix par les autorités algériennes d'un nombre réduit de partenaires privilégiés. Cette orientation a été illustrée au cours des années 2000 par l'importance prise par le groupe Orascom dans les flux d'investissement étranger en direction de notre pays. A lui seul, le holding égyptien a représenté près de la moitié des investissements étrangers hors hydrocarbures réalisés en Algérie. Le groupe est présent non seulement dans la téléphonie mobile mais il a pris également une part importante au programme de développement de la pétrochimie algérienne en association avec Sonatrach, ainsi qu'à l'installation d'usines de dessalement d'eau de mer ou encore à la construction de la plus grande cimenterie du pays. Ce partenariat privilégié va vite se révéler comme un facteur de fragilité. La dégradation des relations entre les deux parties à partir de l'année 2008 a plongé l'ensemble de la démarche d'ouverture dans une période de crise. Pour un cadre de l'ANDI (Agence Nationale de développement de l'investissement, «c'est comme si on avait confié une sorte de gestion déléguée de l'investissement étranger à une seule entreprise». Selon notre interlocuteur, «notre politique d'ouverture à l'investissement étranger est, depuis 2009, à la recherche d'une nouvelle crédibilité. Les accords conclus avec Massey-Fergusson, Renault, Sanofi ou en préparation avec Lafarge, pourraient de ce point de vue constituer une avancée et un recadrage important».
L'INDUSTRIE D'ABORD
Au chapitre de l'investissement étranger, si on laisse de côté le secteur des hydrocarbures, les années 2000 ont été, en simplifiant à peine, celles de la téléphonie mobile. La décennie a été bouclée par une année 2009 marquée par l'investissement forcé réalisé par les banques privées d'origine étrangère. Après le virage doctrinal opéré par les autorités algériennes, et concrétisé par la fameuse règle du 51/49%, l'observatoire méditerranéen Anima signalait dans son dernier rapport que les principaux projets approuvés depuis l'adoption de la nouvelle réglementation se concentrent d'abord sur le secteur de l'immobilier de luxe avec notamment les projets Dounya Park et Emiral dans la région d'Alger. C'est l'hypothèse d'une orientation préférentielle des investissements étrangers, et particulièrement des investissements d'origine arabe, vers un secteur de l'immobilier de luxe réputé spéculatif qui semblait se vérifier. Le gouvernement parait vouloir redresser la barre en donnant très nettement la priorité à l'industrie. La sidérurgie a été le premier axe de cette réorientation des investissements avec l'extension prévue des capacités du complexe ArcelorMittal de Annaba et l'ambitieux projet conclu avec des partenaires qataris sur le site de Bellara. L'industrie mécanique avec les projets de Massey Fergusson et de Renault figure également en bonne place dans ces nouvelles priorités au même titre que le médicament ou encore les matériaux de construction.
LE PRIVE NATIONAL MARGINALISE '
La quasi-totalité des accords de partenariats conclus dans le cadre de la règle des 51/49 et médiatisés au cours des dernières années ont une autre caractéristique : ils associent presque toujours un investisseur étranger à …une entreprise publique algérienne. C'était déjà le cas pour les premier accords signés en 2010 dans le secteur financier avec les attelages constitué entre AXA et la BEA ou encore celui qui associe la Macif à la SAA. Une tendance confirmée et renforcée par les associations entre Qatar Steel et Sider, Renault et SNVI, Sanofi et Saidal, ou encore le couple Lafarge-GICA. La liste n'est pas exhaustive. Au sein de ces différents partenariats, les associés algériens sont toujours majoritaires grâce souvent à l'entrée au capital du Fonds public d'investissement (FNI), tandis que le management des nouvelles entités a été systématiquement confié au partenaire étranger. A l'Andi, notre interlocuteur ne croit pas pour autant à un ostracisme dont serait victime le secteur privé national. «La démarche s'apparente plutôt à une tentative de sauvetage des entreprises publiques .Elle illustre les limites du 51/49% qui risque d'épuiser rapidement la liste des partenaires nationaux éligibles à ce type de partenariat». Elle laisse entier le problème de la création d'une dynamique plus large qui associerait le secteur privé national et s'attaquerait résolument au frein que constitue pour beaucoup d'investisseurs étrangers, et en dépit des dénégations des pouvoirs publics, le cadre réglementaire actuel qu'il faudra bien réviser tôt ou tard.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yazid Taleb
Source : www.lequotidien-oran.com