Alger - A la une

La police était au parfum



Mandat de perquisition en main, les policiers se dirigèrent droit sur la cachette où la came...
Mourad K., 35 ans demeurant à Bordj El Kiffan (Alger) comparaît en appel devant le trio de la deuxième chambre correctionnelle.
Devant le tribunal d'El Harrach, il a écopé d'une peine de dix années d'emprisonnement ferme pour détention, usage et commercialisation de came. Mécontent du verdict, tout comme le ministère public, il a interjeté appel.
Les faits remontent au moment où, sur une dénonciation anonyme, les éléments de la police judiciaire se présentent au domicile familial de Mourad K. qui n'était, ce jour-là, qu'avec sa soeur. Munis d'un mandat de perquisition, les flics mettent le suspect au pied du mur.
-«Ecoute Mourad: où tu nous remets la came où nous allons tout renverser chez toi, car nous savons que le poison est ici, soigneusement caché!» avait dit l'officier de police en guise d'avertissement. La première fouille de la chambre de Mourad, qui la partageait avec son frangin (absent ce jour), ne donne rien.
Puis les policiers se dirigent vers la salle de bains où Mourad en tire un peu plus de quarante cinq grammes de drogue. La preuve venait d'être faite! Et comme un malheur ne vient jamais seul, la seconde fouille, à savoir celle du matelas, permet à la police de découvrir la coquette somme de dix-sept millions six cent cinquante six mille centimes appartenant à son frère Hamza qui, selon Mourad, venait de retirer cette somme de son compte courant en vue des préparatifs de son futur mariage. Pour l'inculpation, cette somme est le produit de la vente de drogue. Les faits étant têtus, Mourad fera les mêmes déclarations depuis la police judiciaire jusqu'à ce jeudi devant Mansour Ouchen, Brahim Kharabi et Nadia Amirouche en passant par le procureur de la République et le tribunal d'El Harrach. Et pour celui qui connaît Kharabi, nul ne peut la lui «jouer».
Constamment vigilant, bien appuyé par Ouchen et Amirouche, le président de la deuxième chambre correctionnelle suivra plus qu'assidûment la belle plaidoirie de Maître Abdelkrim Bouderbal tiré à quatre épingles, le tout couronné par le port d'une cravate de couleur grenat qui a mis en valeur sa belle chemise blanche. Et la blancheur de sa chemise n'a d'égale que la clarté de sa plaidoirie qu'il a voulue courte, brève mais très efficace. L'avocat de Bordj El Kiffan a mis le doigt sur plusieurs zones d'ombre, notamment cette histoire d'argent trouvé dans le matelas que l'inculpé a déclaré qu'il appartenait à son frère lequel l'avait retiré du compte courant postal! «La date du retrait de la somme et surtout la précision et le détail de la somme prouvent, si besoin est, que le frangin a tout retiré pour ne pas manquer de liquide le jour «J». Il a retiré dix-sept millions six cent cinquante mille soixante treize mille centimes. Vous n'avez qu'à remarquer les centimes», a dit, le front haut, Maître Bouderbal, heureux
d'avoir retenu l'attention du trio de magistrats mais triste d'avoir entendu Nasseredine Rebaï, le procureur général demander la confirmation du jugement alors que le parquet avait interpellé le verdict et interjeté appel. «C'est illogique: pourquoi avoir interjeté appel pour demander la confirmation'» s'est interrogé l'avocat qui devra attendre une semaine avant d'être fixé sur le sort de Mourad K. qui, peut-être ne se fait aucune illusion depuis l'intrusion des éléments de la police judiciaire décidés à faire leur boulot excellemment informés car en se dirigeant vers la salle de bains où la came était placée et le matelas où le fric «dormait» tranquillement, ils savaient ce qu'ils faisaient...
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