Avis - Interrogée sur la situation des handicapés, la présidente de la Fédération algérienne des associations des personnes handicapées, Atika El Mameri avait apparemment beaucoup à dire sur la question.
«La qualité de vie des personnes handicapées est inquiétante, c'est un constat fait par tout le monde.
C'est très grave ! Vous savez que rien qu'à Alger, il y a 19 000 handicapés lourds qui rencontrent un tas de difficultés '», c'est d'emblée un cri d'alarme que lance notre interlocutrice. Elle tient ensuite à attirer l'attention sur une triste réalité méconnue ou sciemment omise. «La plupart ne sortent pas de leur maison.
Il y a une absence de services adaptés, donc ces personnes ne peuvent pas effectuer facilement un quelconque déplacement, parce qu'elles ne peuvent pas être transportées tous les jours, le transport n'est pas approprié, enfin c'est tout l'environnement qui n'est pas accessible».
dans le même ordre d'idées, elle enchaînera : «N'était l'assistance de leurs familles, ces personnes ne pourraient jamais faire un seul pas en avant ! Ce sont généralement les parents de l'enfant handicapé qui font tout. Les parents assurent, avec les moyens qu'ils ont, une prise en charge de leur enfant, à commencer par le toit, l'entretien corporel... De même l'enfant handicapé est assisté dans son parcours éducatif, scolaire et surtout une prise en charge de sa maladie». Mme El Mameri plaide, pour une véritable volonté politique permettant de créer un environnement plus adapté à cette population. Pour elle, le handicapé «ne doit pas être réduit à une pension versée par l'Etat comme une aide financière, mais doit plutôt jouir de tous les droits fondamentaux de la vie (') et avoir la possibilité de vivre comme tout citoyen, aller à l'école, bénéficier d'une formation, vivre avec tout le monde, participer pleinement dans la société'». Interrogé sur l'intégration sociale, notre interlocutrice estime que les centres spécialisés ne suffisent pas.
En outre, elle dira, «nombre d'enfants peuvent parfaitement aller à l'école, mais ils sont exclus puisqu'il y a un manque de services spécialisés pour les accompagner dans des écoles ordinaires». Sur l'insertion socioprofessionnelle, elle dira également qu'il «ne suffit pas de placer ces enfants dans des centres spécialisés de formation, mais il faut leur assurer un métier, il faut qu'ils aient un projet au préalable pour pouvoir exercer réellement un métier conforme à leur spécialité».
Abordant le volet de la rééducation fonctionnelle, elle dira que l'accès à la réadaptation pour les victimes de la circulation routière est très souvent impossible, il n'y a jamais de place pour la rééducation. Il faut construire plus d'hôpitaux pour réapprendre au handicapé les gestes nécessaires à son autonomie.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Info Soir
Source : www.infosoir.com