
Fixée au 25 octobre prochain par le gouvernement, la tenue des élections municipales et régionales au Mali, qui ont déjà été repoussées par deux fois depuis mars 2014, fait débat et suscite une polémique, tant dans les rangs de l'opposition que dans ceux de la majorité. Les deux camps estiment que ce scrutin ne peut pas se tenir, notamment, à cause de l'insécurité au nord et au centre du pays. Certains estiment que leur tenue, dans les conditions actuelles, revient à une violation politique flagrante des engagements pris par toutes les parties pour la mise en ?uvre de l'accord d'Alger. La Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), qui menace de se retirer de cet accord de paix à tout moment, est foncièrement contre. Comme la CMA, la Plateforme juge « pratiquement impossible » d'organiser des élections dans le Nord, en raison de « la situation d'insécurité actuelle ». Selon Fahd Ag Almahamoud, secrétaire général du Gatia, un mouvement armé membre de la Plateforme : « Il faut un retour de l'armée pour organiser les élections dans les localités du nord du Mali ». La raison ' Les groupes armés, dit-il, ne doivent pas sécuriser les élections couplées, régionales et communales. En outre, explique-t-il, le projet du gouvernement, d'organiser les élections régionales et communales à cette date, « n'est pas en harmonie avec les objectifs de paix et de réconciliation tant recherchée ». Le SG du Gatia rappelle que l'accord de paix, censé s'appliquer depuis juin dernier, prévoit une « période intérimaire » de 18 à 24 mois après la signature, durant laquelle des « mesures exceptionnelles » doivent être prises pour les régions du Nord. La période intérimaire, prévue par l'accord de paix, est censée aussi permettre aux quelque 137 000 réfugiés qui vivent toujours hors du Mali de rentrer chez eux, dans le Nord, et donc de participer aux élections. Un objectif qui ne sera vraisemblablement pas atteint du jour au lendemain. Selon le porte-parole du gouvernement des concertations sont prévues entre tous les acteurs concernés et le ministre de l'Administration territoriale en rendra ensuite compte au Premier ministre qui tranchera. Un nouveau report obligera Bamako à mettre en place des autorités transitoires.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : D B
Source : www.horizons-dz.com