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La Planète pétrole à Alger



La Planète pétrole à Alger
Le rendez-vous d'Alger est crucial pour de nombreux paysPas moins de 72 pays ont confirmé leur participation. Ils représentent plus de 90% de l'offre et de la demande mondiales.Alger accueillera aujourd'hui et demain le Forum international de l'énergie. C'est de loin, le plus important rassemblement international des ministres de l'Energie. Pas moins de 72 pays ont confirmé leur participation. Ils représentent plus de 90% de l'offre et de la demande mondiales. Autant dire que «la Planète pétrole» s'est donné rendez-vous à Alger pour parler Energie. De fait, cette 15e édition du Forum international de l'énergie (IEF) s'impose comme un gigantesque espace de dialogue et de concertation sur les questions énergétiques. C'est véritablement «l'ONU du pétrole» disent les observateurs avertis. A l'image de l'Organisation des Nations unies, l'IEF peut se targuer d'une représentativité parfaite, mais pêche par un déficit en matière de prérogatives réelles. En d'autres termes, tous les sujets liés à l'énergie y sont discutés, mais les grandes décisions sont prises ailleurs. Cette réalité n'empêche pas le Forum, pour le cas de l'édition d'Alger, d'apparaître comme une sorte de réactif pour un rapprochement des points de vue entre les différents acteurs du marché pétrolier. On sait déjà que la Russie et d'autres pays producteurs hors-Opep viennent à Alger avec l'espoir de trouver un accord sur le gel de la production de pétrole. On imagine également que beaucoup de grands pays consommateurs appréhendent un contre-choc pétrolier, annoncé par l'ensemble des experts, qui pousserait les prix à la hausse. Ces pays accepteraient de payer leur énergie quelques dollars plus cher, si cela leur garantit une réelle stabilité des prix à long terme. L'IEF est donc la plate-forme de débat idéale. En cela, on pourrait comprendre l'optimisme du ministre de l'Energie, sachant que la réunion informelle de l'Opep se tiendra dans un contexte d'entente mutuelle et d'analyses convergentes, notamment sur les aspects commerciaux et économiques. Il reste que l'ambiance feutrée du Centre international des conférences ne suffirait pas à briser certaines convictions très établies.Il faut dire que la spécificité de l'édition algéroise de l'IEF a fait passer au second plan l'intitulé même de la rencontre, dont le thème principal portera sur la «Transition énergétique mondiale: un rôle échangé pour le dialogue énergétique». Mais d'un autre côté, la problématique posée par la déprime du marché pétrolier est une sorte d'exercice pratique pour «le dialogue énergétique». Il reste que ce serait prétentieux, pour l'heure, de s'appuyer sur le forum pour transcender les clivages politico-idéologiques qui tirent les prix vers le bas. Pourtant, l'IEF n'est pas une création récente.Fondé en 1991 à Paris, avec la mission d'être un cadre informel d'échanges, de concertation et de dialogue entre les pays producteurs et consommateurs d'énergie, l'objectif était de favoriser un espace neutre où les Etats, l'Opep, l'AIE, les compagnies pétrolières et les experts discuteraient des questions techniques, dans le cadre d'une aide à la décision politique. Mais il n'a jamais été question que cette décision soit concertée entre les Etats.Les chocs successifs, à la hausse comme à la baisse, du marché pétrolier ont fait l'objet de débats au sein de cette structure internationale, sans que cela n'ait apporté une quelconque évolution dans les rapports de force entre producteurs et consommateurs.Les crises se suivaient et le malheur des uns faisait systématiquement le bonheur des autres. Cette inefficacité apparente n'a pas empêché les politiques de maintenir cet espace d'échanges et même lui donner du corps, à travers sa structuration en 2002 à Kyoto. A cette date, l'organisation prend la dénomination de Forum international de l'énergie, doté d'un secrétariat dont le siège est à Riyadh, en Arabie saoudite.En 2010, elle bénéficie d'une charte qui décrète la réunion ministérielle organe suprême, appuyé par un Conseil exécutif et un secrétariat. L'IEF s'impose, de fait, comme la source la plus fiable en matière de statistiques sur l'offre et la demande d'énergie, émanant d'une centaine de pays. Cela en fait un outil précieux, mais cantonné dans des fonctions strictement techniques. Or, l'évolution du marché énergétique, l'apparition du pétrole et du gaz de schiste, le grand retour des Etats-Unis, la perte d'influence de l'Opep et les ambitions russes, constituent autant de facteurs susceptibles d'amener les dirigeants du monde à reconsidérer les prérogatives de l'IEF et pourquoi pas la «redimensionner» dans le sens politique, sachant que de toute façon, tout ce qui compte dans le monde de l'Energie y est déjà représenté.
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