Alger - A la une

La pierre philosophale



Une information qui n'a pas eu en volume son poids dans la diffusion, par les organes justement d'information, et encore moins en actions de protestation, par les éditeurs de la presse écrite, est sans conteste la décision qu'a pris la direction commerciale de la Wilaya d'Alger d'interdire l'exposition de journaux, à même les devantures des kiosques sur le trottoir, comme si la péroraison recherchée n'était en elle-même, qu'une transmutation bureaucratique entre un produit répertorié comme étant strictement culturel, et une opération commerciale consistant à liquider un cageot de légumes, à l'endroit des éventuels consommateurs de passage.La presse écrite après l'offensive de ses concurrents naturels, dont le dernier est le digital, voilà qu'elle se trouve confrontée à la disparition pure et simple de ses seuls supports relationnels l'a liant à ses lecteurs. La décision d'interdire l'exposition des journaux sur la voie publique aura à si méprendre des répercussions certaines sur le devenir de ce métier, étant donné qu'elle va limiter drastiquement les ventes. Des buralistes viennent d'afficher leurs réprobations pour ne point courir le risque de braver l'injonction des services de la direction commerciale de la wilaya d'Alger, qui menacent de fermeture allant jusqu'à deux mois, les commerçants qui n'acquiesceront pas.
Connaissant l'exiguïté des intérieurs des points de vente, se résumant à 2 à 3 mètres carrés, et la profusion des titres, nul doute que beaucoup de kiosques n'auront d'autres alternatives que de se passer de la vente des journaux.
Dans toutes les métropoles des cinq continents, les buralistes exposent les parutions quotidiennes, les hebdos, et les magazines en dehors des points de vente qui leur sont alloués par les communes, sans que cela ne pose problème à quiconque, alors de se demander pourquoi Alger ferait-elle exception, à moins que cette décision abusive ne soit diligentée par quelques idées sournoises, qui pour l'instant demeurent du ressort de la confection pourquoi pas, de la pierre philosophale.
Les adeptes de l'alchimie existent, et n'en démordraient pas face aux retournements du marché pour transformer le fer en or impérissable, et le gaz carbonique enrichi en musiques sous certaines pressions, en diamants, sinon selon les formules sans cesse réinventées en émeraudes. On a bien recensé depuis le début du siècle dernier un certain nombre de métiers indispensables à la révolution industrielle disparaître à la suite d'une longue période de dévalorisation ayant progressivement motivée leurs extinctions, ce qui a nécessité leur remplacement par des méthodes, et des techniques innovantes à moindre coût.
Comme on n'arrête pas le progrès, il est permis d'espérer que le journalisme, supposé détenir le quatrième pouvoir, évolue sans contrainte en ce qui se rapporte à la liberté d'expression ; une liberté toutefois restreinte par la bureaucratie, et les lois du marché.
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