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La perle protégée dans l'histoire du mariage chez les familles cherchelloises de 1873 à 1914 : Union sacrée des aïeux



Le Dr Behiri Yamna, universitaire, enseignante à Alger, vient de publier un nouvel ouvrage en langue arabe, intitulé La perle protégée dans l'histoire du mariage chez les familles cherchelloises de 1873 à 1914.D'emblée, elle avoue que les termes utilisés dans le titre de son livre avaient été découverts à la suite de la consultation des actes notariés établis durant l'ère de la civilisation ottomane.
Les archives du défunt notaire, Hadj Mohamed Tahar Sahraoui, oncle maternel de la romancière Assia Djebar, auront été d'une importance capitale dans ses recherches. Un capital qui demeure encore inexploité. Il n'en demeure pas moins que notre interlocutrice reconnaît avoir lu au total 54 990 documents notariés, retrouvés dans les archives au niveau national et dans les bibliothèques en France (Aix-en-Provence, Paris), en Espagne (Madrid), lors de ses années de recherches.
Infatigable, telle une abeille soucieuse de recueillir un maximum de données dans les archives, elle est allée «butiner» dans les rayons épars d'archives afin de pouvoir remonter dans le temps, de surcroît mieux connaître le quotidien des familles algériennes de cette époque, une période qui chevauchait entre le départ des Turcs et l'arrivée de la France coloniale en Algérie.
Après mûre réflexion, elle avait établi son angle d'entame de son aventure littéraire, à la suite de la lecture de presque 50 000 documents. Elle avait trié la matière et fait son choix en fin de compte sur 5213 actes notariés, lui ayant servi de base pour commencer l'écriture de son livre, qui ne représente qu'une partie de sa thèse de doctorat. Son ?uvre de 500 pages, issue de plusieurs sources, s'articule sur un style purement académique, composé de parties et moult chapitres.
Le lecteur ne s'ennuie pas. L'auteure s'est attelée à enrichir son livre par des photos, des photocopies des actes, des histogrammes, en plus des explications détaillées avec minutie, afin de permettre aux lecteurs et aux chercheurs de plonger dans cet univers lointain, mais surtout croiser à travers son voyage virtuel les familles algériennes, qui ne voulaient pas se détacher de leurs traditions, de leurs us et coutumes afin de préserver les valeurs et les fondements de la personnalité purement algérienne.
Le Dr Behiri Yamna évoque les actes notariés ayant concerné les mariages certes, mais aussi les divorces, les ventes, les achats. «La femme algérienne avait une très grande importance chez sa famille et au sein de la société dans le passé, elle avait plus de valeur, les actes établis relatent tous les détails, tout s'effectuait dans la transparence, dans le respect, même Napoléon était surpris par la qualité des actes de l'administration ottomane ; d'ailleurs, il avait instruit ses fonctionnaires à s'inspirer du modèle de ces documents administratifs.
L'acte de mariage faisait part des qualificatifs de la future mariée, complété par sa descendance, les anciens actes de mariage étaient plus complets, transparents, en donnant des assurances à l'épouse notamment, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui», indique-t-elle. Le tissu social fonctionnait sur une organisation rationnelle. Le Dr Behiri Yamna rappelait dans chacune des pages de son livre les références utiles pour aller au-delà. Les archives demeurent des gisements vitaux pour les chercheurs et les générations futures. Les familles algériennes avaient refusé la capitulation face à la colonisation française.
Elles avaient résisté à leur manière à la colonisation pendant ces périodes tragiques d'une manière pacifique, en continuant à vaquer à leurs affaires selon leurs traditions, en préservant leurs langues maternelles.
Elles sont arrivées à transmettre ces trésors, ces patrimoines matériels et immatériels. Le Dr Behiri Yamna tenait à nous préciser que des universitaires algériens avaient mené des études et des recherches sur des thèmes similaires, sociaux, dans les différentes régions du pays, à l'instar de Constantine, Alger, Blida, Médéa, Tlemcen, et bien d'autres. Son ouvrage vient d'être édité au niveau de la maison d'édition Kawkab El Ouloum.
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