Dans une instruction adressée aux groupes industriels et aux walis, le Premier ministre a exigé de favoriser la production nationale dans les commandes publiques.Fini le recours aux marques étrangères dans les commandes publiques. Les groupes industriels et les entreprises publiques sont appelés désormais à favoriser le produit local dans les commandes publiques.
C'est ce qu'a exigé le Premier ministre dans une instruction adressée le 7 septembre dernier aux P-DG des groupes industriels et aux walis. Le gouvernement qui veut à tout prix réduire la facture des importations des biens de services qui explosent, a interpellé plus d'un. «Cette mesure destinée à accompagner les efforts nationaux pour la croissance et le développement est aujourd'hui, d'une nécessité absolue pour réduire le déficit de la balance commerciale et préserver les réserves de changes du pays», indique l'instruction de Ouyahia.
Tout en soulignant que le gouvernement a procédé à plusieurs reprises à de telles décisions, le patron du gouvernement voulait se montrer ferme sur son application. Pour lui, ce n'est plus une question de promouvoir le made in Algeria, mais beaucoup plus de garantir la souveraineté économique et financière du pays. «Si dans le passé cette insistance pour le recours à la production locale s'expliquait par la volonté de promouvoir la construction d'un appareil productif de biens et services, la question relève désormais également de la sauvegarde de la souveraineté économique et financière de notre pays». Dans son document, Ahmed Ouyahia a rappelé que le pays a subi depuis quelques années une explosion des importations de biens et services qui ont même dépassé les 70 milliards de dollars alors qu'au même moment les prix des hydrocarbures sur le marché national enregistrent depuis l'année 2014 un effondrement dramatique. La conséquence de cette conjoncture, précise le Premier ministre, a été l'apparition d'un déficit commercial massif au détriment de notre pays, déficit qui se conjugue avec une érosion rapide de nos réserves de changes. Il a expliqué que le Code des marchés publics définit clairement en son article 83 la préférence accordée aux produits d'origine algérienne avec même une marge pouvant aller jusqu'à 25%. «Dans ce cadre j'ai l'honneur d'instruire mesdames et messieurs les ministres à l'effet de veiller au respect impératif de cette clause pour toute commande effectuée par les administrations centrales, leurs services déconcentrés ainsi que par les établissements administratifs et agences placés sous leur tutelle», a-t-il insisté.
Ahmed Ouyahia a même adressé une note à l'Ugta et aux présidents des organisations patronales les invitant à promouvoir la production nationale pour la sauvegarde de la balance économique. «Conformément aux clauses du Pacte économique et social de croissance, j'appelle l'Ugta à mobiliser les travailleurs des entreprises algériennes publiques et privées et mixtes à concourir à cette démarche pour un surcroît de la productivité, de qualité et de compétitivité», a-t-il martelé.
En associant les organisations patronales et les groupes industriels à la bataille économique, le Premier ministre veut au moins stopper l'hémorragie qui affecte les réserves de changes. Vu que l'option du recours à l'endettement extérieur est définitivement écartée, le gouvernement doit rester prudent dans ses dépenses.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nadia BENAKLI
Source : www.lexpressiondz.com