La nationalisation des hydrocarbures en Algérie est sans doute l'une des plus grandes réalisations des 50 dernières années à mettre à l'actif du développement économique et social en Algérie.
Là où un grand Mossadegh, Premier ministre iranien avait lamentablement échoué au tout début des années 50, en étant chassé, humilié et assassiné par les multinationales du pétrole, pour servir d'exemple de dissuasion, le défunt Boumediene allait, lui, réussir son coup malgré le tollé et les réactions qui s'en étaient suivi. L'évènement est resté mémorable dans les esprits des Algériens qui le commémorent chaque année en signe de rappel, mais aussi de fierté de la souveraineté retrouvée, des défis relevés, et des bénéfices tant politiques qu'économiques engrangés. Aït El-Houssine, ex-ministre de l'Energie et grand expert pétrolier, un des artisans qui avaient contribué à la préparation et la réussite de ce grand évènement, annoncé solennellement un certain 24 février 1971 par le président Boumediène dans un discours resté célèbre, nous révéla récemment lors du Forum de Liberté tenu fin février à Alger sur les hydrocarbures, comment la décision de nationalisation avait été minutieusement préparée par de jeunes techniciens et cadres algériens pour assurer son plein succès au plan des textes et de l'application. Malgré lboycott et le chantage qui s'en était suivi, l'opération a été menée à son terme en relevant le défi de la gestion et de la technologie. Non seulement il n'y a pas de cas de Mossadegh tant souhaité par les milieux hostiles, mais l'exemple algérien avait fait tache d'huile dans les pays producteurs, notamment en Irak en 1972 et en Libye en 1973. Même les pays supposés être à la solde des multinationales comme ceux des monarchies du Golfe, en avaient indirectement profité en exigeant l'augmentation de leur part dans les concessions pétrolières et en renforçant leurs compagnies pétrolières.
Pour l'Algérie, la nationalisation avait ouvert la voie à une nouvelle ère pleine d'espoir pour le développement, malheureusement dominée, hélas, par la logique de la rente pétrolière. Ce modèle économique fondé sur les recettes des hydrocarbures a conduit aujourd'hui à l'impasse économique.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Smail BOUDECHICHE
Source : www.liberte-algerie.com