Evénement - La moudjahida et le parachutiste, un documentaire rendant hommage à la combattante Louisa Ighilahriz, sera projeté pour la première fois en Algérie.
Le film, qui sera projeté à la faveur du Festival international du film engagé qui se tient à Alger, parle de la guerre, mais pas à la manière d'un historien. Le réalisateur laisse libre cours à deux voix s'exprimant alternativement. D'un côté, un sous-officier de l'armée coloniale qui met tout sur la table : dénonciation de la torture, une «saloperie» imposée par des supérieurs sans scrupules.
De l'autre, l'ancienne combattante, Louisa (appelée Louisette) Ighilahriz, relatant son combat et le triste destin (torture) que lui infligèrent les militaires français.
«C'est un film dur qui ne laisse pas indifférent, mais comme je le dis souvent, nous ne sommes pas des procureurs, seulement des passeurs de mémoires, passeurs engagés certes, mais passeurs quand même», a indiqué le réalisateur, Mehdi Lallaoui, à l'APS. Pour lui, le propos est surtout de laisser s'exprimer des témoins-clés de cette guerre. «On a besoin que des gens pareils témoignent. Il s'agit de parler de la guerre, pas de l'effleurer. L'évoquer, non pas comme un historien, mais à la manière d'un capteur de mémoires», a expliqué Lallaoui qui est également le président de l'association Au nom de la mémoire.
Tout en se déclinant comme un réalisateur qui travaille principalement sur les mémoires urbaines, ouvrières et coloniales, il s'est félicité du choix des organisateurs du Festival international d'Alger, qui, a-t-il relevé, ont opté pour un film «inédit». «Lorsque les responsables du Festival international du film engagé d'Alger m'ont contacté, je pensais leur proposer un très beau film - Monique. H, Nanterre 1961 - autour d'une femme exceptionnelle, qui a vécu dans les bidonvilles de Nanterre en pleine guerre, partageant les souffrances et les espoirs des Algériens et de leur famille», a confié le réalisateur, signalant qu'après visionnage, le festival a préféré choisir un inédit La moudjahida et le parachutiste, qui est aussi un hommage à une combattante, Louisa Ighilahriz.
Pour le réalisateur, sa venue à Alger sera, par ailleurs, un moment de recueillement pour ceux qui «ont choisi le sacrifice suprême pour que vive l'Algérie». «Ma venue à Alger, en cette année du cinquantenaire de l'indépendance, sera aussi l'occasion pour moi d'aller me recueillir sur la tombe de mes parents qui ont combattu et souffert pour la liberté de ce pays», a-t-il confié.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : APS
Source : www.infosoir.com