C'est un livre qui se lit d'une traite. Même si l'auteur est plutôt spécialiste en agronomie, ceci n'altère en rien les vérités historiques racontées dans le livre. Edité aux éditions Dar El-Farouk, dans le cadre du cinquantenaire de l'indépendance, avec le concours du ministère de la Culture, le livre raconte l'histoire d'une famille qui s'est engagée dans la révolution. Le titre choisi peut prêter à confusion. Mais l'histoire démarre justement à partir de cet objet qu'est la montre pour que le père de famille se retrouve au milieu d'un groupe d'hommes. Ces derniers ne sont que ceux qui déclencheront la révolution de novembre quelque temps après. Les faits relatés dans cet ouvrage sont véridiques. La famille est issue du village Ath Rached Ouali, dans les Ath Leksar de Bouira. L'auteur remonte dans l'histoire de sa région dans son premier chapitre pour présenter aux lecteurs la situation géographique de son douar ; ensuite il présente la famille, cette fratrie de 14 enfants et dont les parents sont doublement cousins germains. Les trouvailles de Kaci, le père de l'auteur, avec les premiers militants révolutionnaires, remonte aux années 1940. Docker à Alger, il sera désigné pointeur, car il était lettré. Son professeur n'était que le père de Salah Zammoum. Premier hasard de l'histoire. L'auteur raconte qu'un beau jour, un des dockers a eu du mal à déplacer une marchandise. Son corps frêle croule sous le poids du sac soulevé, et Kaci a accouru pour le soutenir. Se penchant pour le relever, il perd sa montre et brise le verre. Il sollicite ses amis de La Casbah pour la réparer, il sera envoyé chez un horloger avec qui il lie une grande amitié. Cet homme n'est autre que le beau-frère d'Aït Ahmed et Khider. Il s'appelait Mohand Ouidir. Quelque temps après, l'homme l'engage au milieu des militants nationalistes. Il est renvoyé au village pour s'y installer en tant qu'épicier. Sûrs de leur choix, ces militants, dont Krim Belkacem, Khider, Aït Ahmed, Ouamrane..., trouvent en Kaci l'homme idéal pour organiser la région des Ath Leksar. En octobre 1955, les hommes de l'ALN entrent au village Ath Rached Ouali et désignent Kaci comme premier responsable. L'histoire que raconte le Pr Kefil ne s'arrête pas là, puisque tous ses frères, ou du moins, dans leur majorité, ont rejoint les rangs de l'ALN et ceux de la Fédération de France du FLN. Le livre est aussi un hommage à la mère. Courageuse, sage et perspicace, elle a de tout temps était la confidente de son mari Kaci, chef de l'organisation. Saïd, Ali, M'hand, Mohand Arezki, Amer, Slimane, ainsi que les cousins, sans oublier la mère, ont tous été engagés auprès des combattants de l'ALN. La famille fut pourchassée par l'armée coloniale, la mère torturée, les enfants emprisonnés. Telle est l'histoire que raconte avec des détails croustillants le Pr Kefil. C'est une famille dont l'histoire est mêlée à celle de l'Algérie.M M
La Montre, Rabah Keffil, 318 p, Dar El-Farouk,
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Mouloudj
Source : www.liberte-algerie.com