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La monnaie de la pièce



La monnaie de la pièce
La semaine dernière, dans ces mêmes colonnes (voir Fronton du 15/10/16), il était question de la gratuité ou non des spectacles et autres activités culturelles.La chronique apportait son soutien au fait d'instaurer des entrées payantes dans les manifestations, comme cela a été le cas dans la dernière édition du Festival international de la musique symphonique ou celle, plus récente, du Festival international de la bande dessinée d'Alger. Comme toujours, cela a suscité une discussion en interne dont nous avons besoin pour évaluer en permanence le supplément culturel et projeter les numéros à venir.Nous n'avons pas l'habitude de baigner dans l'unanimisme que la culture ne peut que réprouver du fait de son essence qualitative, de sa complexité et de sa subtilité. Il nous arrive donc heureusement ? ce serait sinon si ennuyeux ! ? de ne pas être d'accord sur l'appréciation d'une ?uvre ou l'analyse d'un phénomène culturel. Mais disons que nous n'avions jamais autant divergé que sur cette question de la gratuité. Aussi, nous avons décidé de rendre publics nos points de vue différents, mais qui se rejoignent en finalité, en les rendant plus tranchants dans leur formulation : «Pour la gratuité» (par Walid Bouchakour) et «Contre la gratuité» (par Ameziane Ferhani). Une manière de provoquer le débat que nous souhaitons voir s'instaurer sur ce type de sujets, bien que nous restons conscients qu'ils doivent être traités avec précaution et nuance tant la sphère culturelle est complexe dans notre pays, autant que peuvent l'être la société et l'économie.Justement, si parler de gratuité de la culture implique à l'évidence une approche culturelle, cela convoque aussi des domaines divers bien éloignés de l'art : les revenus des citoyens, les mécanismes économiques, les pratiques et habitudes sociales, le fonctionnement et le financement des institutions culturelles, etc. On n'est plus seulement dans la critique d'art ou la critique littéraire, mais bel et bien au croisement de toutes les disciplines qui concernent la vie d'un pays.Ce sont des questions importantes, voire vitales, qui interpellent les créateurs, les organisateurs culturels mais aussi l'ensemble de la société. Il ne faut jamais oublier que lors de la crise économique de la moitié des années quatre-vingt, le budget public de la culture a été tout simplement arasé et il est certain qu'avant même la décennie noire qui avait amené l'art et la culture à des degrés embryonnaires, on avait ainsi préparé un no culture land qui a été lourdement payé. Nous allons prochainement solliciter divers interlocuteurs sur la question de la gratuité, entre professionnels ou amateurs d'art. En attendant, nous voulons surtout dire que la réflexion et l'échange sont devenus indispensables dans la situation actuelle où il ne suffit plus de dénoncer ou de se plaindre mais de formuler des projets consistants et d'en défendre les arguments. La pratique du débat, c'est de la culture aussi. De la pure culture même.
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