À l'occasion de la Journée internationale de la femme, le Président a, comme de coutume, participé à une rencontre de femmes choisies pour représenter la femme algérienne.
C'est étrange comme l'évènement a progressivement pris des allures de rituel de sérail et suscité si peu d'intérêt politique.
La ministre de la Solidarité et de la Famille a appelé les femmes 'à sauvegarder les acquis qu'elles ont réalisés, au regard notamment de conditions difficiles que traverse la région". Traduire : 'Dans un contexte islamiste triomphant, l'Algérienne n'a pas à se plaindre de sa condition ; elle devrait même la défendre, en ce qu'elle aurait pu être pire !"
La prise en compte du 'contexte difficile" a toujours marqué le régime dans sa démarche en matière de progrès démocratique. Une scène récemment vécue dans une mairie du centre d'Alger illustre ce souci du pouvoir d'adapter 'aux conditions difficiles que traverse la région" les 'acquis", 'acquis" qu'il feint de consentir aux citoyens, en général, et aux citoyennes, en particulier. L'agent, voile de rigueur, était censée enregistrer un mariage. Elle commence par interroger la mariée, largement majeure, mais tout de même accompagnée de son frère, venu en qualité de 'wali", sur les motifs de l'absence du père. Mais la mariée n'avait pas pensé à se munir d'un acte de décès du père, le code de la famille amende autorisant 'la femme majeure" à conclure son contrat de mariage en présence de son 'wali", en l'occurrence son père, un proche parent ou 'tout autre personne de son choix" (article 11).
À la remarque d'un témoin qui rappelait à l'agent que la loi autorisait la mariée à se faire accompagner dans sa procédure par 'tout autre personne de son choix", la représentante de l'administration avait répliqué que 'la loi oui, mais pas la religion". C'est 'le contexte difficile" qui autorise une employée de bureau à reconsidérer une loi à l'aune de sa culture en matière religieuse. Mais c'est bien la loi qui, établissant insidieusement un ordre de priorité 'subliminal" entre 'le père", le 'proche parent" et 'tout autre personne de son choix", refuse d'affronter la conviction personnelle de cette agent, lui laissant la latitude d'une étroite interprétation idéologique et militante de la loi. C'est là, le parfait exemple d'un 'acquis" accommodé au 'contexte difficile", c'est-à-dire au contexte intégriste qui étouffe la société et la femme, plus particulièrement.
Cet islamisme belliqueux occupe l'espace social, mais aussi, et de plus en plus, les institutions. Il sévit partout contre la femme : à l'école, dès son enfance, à l'université, dans la rue, dans son lieu de travail, dans les administrations. Et le pouvoir compose avec lui, en lui cédant notamment la régence du statut de la femme... agressée, humiliée et déconsidérée au quotidien. Le statut de la femme constitue une véritable 'djizia" politique consentie par un système sur l'autel de sa réconciliation avec l'intégrisme ! Rien à attendre du pouvoir dans ces 'conditions difficiles", en effet.
M. H.
musthammouche@yahoo.fr
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mustapha Hammouche
Source : www.liberte-algerie.com