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La médiation met la pression sur les mouvements de l'Azawad



La médiation met la pression sur les mouvements de l'Azawad
Dans le cas de la crise malienne, le temps imparti au dialogue et aux palabres semble écoulé. La médiation internationale conduite par l'Algérie a invité, selon un communiqué rendu public samedi soir par le ministère algérien des Affaires étrangères, toutes les parties à signer l'accord de paix et de réconciliation au Mali à l'occasion d'une cérémonie prévue le 15 mai prochain à Bamako, la capitale malienne.Cette invitation, qui a tout l'air d'avoir valeur d'injonction, vient après un nouveau refus, cette semaine, des représentants de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), regroupant quatre groupes rebelles touareg, de parapher l'accord conclu en mars dernier à Alger après 7 mois de négociation. Pourtant, les délégués du MNLA, du MAA, du HCUA et de la CPA avaient rallié, mercredi, la capitale algérienne avec l'intention d'aller dans le sens souhaité par la communauté internationale.Que s'est-il produit en cours de route pour qu'ils reviennent sur leur décision de donner leur feu vert samedi ' Les versions sont nombreuses. L'une d'entre elles soutient que «la médiation et la CMA s'étaient entendues dans la journée de vendredi sur un texte prévoyant l'ouverture de discussions avant la signature définitive de l'accord». La médiation internationale n'aurait finalement pas souhaité intégrer dans un communiqué final la possibilité d'ouvrir des discussions avant la signature. La raison ' Les autorités maliennes ont émis un «niet» catégorique à toute idée de remise en question du texte déjà paraphé par eux.De son côté, la médiation ne semble pas estimer nécessaire de «blinder» davantage le texte de l'accord. A ce propos, ses responsable ont soutenu que l'accord comporte «un dispositif robuste» de garanties internationales, de suivi et d'accompagnement, gage d'une application effective de l'ensemble de ses dispositions. Une manière supplémentaire de dire que les objections et les craintes de CMA liées autant à la versatilité de Bamako qu'à l'inapplicabilité de l'accord sont infondées.Surtout que la communauté internationale se porte garante de l'application des engagements pris à Alger. «Le paraphe de l'accord par tous les membres de la médiation et d'autres partenaires du Mali, ainsi que le soutien unanime dont il bénéficie au plan international, constituent, en eux-mêmes, un engagement juridico-politique de la communauté internationale en faveur d'une mise en ?uvre intégrale des engagements convenus. La médiation s'emploiera à faire en sorte que ces engagements soient effectifs», ajoute-t-on encore.Mais ce chapelet d'assurances n'a visiblement pas suffi à convaincre les chefs de la CMA qui, mordicus, revendiquent un statut politique pour la région de l'Azawad. La suite est connue : les représentants des rebelles touaregs ont refermé toute hypothèse de paraphe tant que la situation n'aura pas évolué. Pour débloquer la situation, la médiation aurait entrepris de changer de méthode de travail. Elle aurait décidé particulièrement de convaincre chaque mouvement de parapher séparément l'accord d'Alger.La méthode a, dit-on, obtenu des résultats puisqu'un membre de la CMA a annoncé samedi, par le biais d'une lettre, sa décision de parapher l'accord. Les camarades des autres mouvements le suivront-ils ' Cela devrait se savoir assez vite. Une chose est sûre : cette première «défection» mettra une énorme pression sur le MNLA, le noyau dur de la CMA. Et en attendant le 15 mai, la médiation internationale a prévenu avec véhémence qu'elle ne tolérera qu'aucune des parties ne remette en cause le processus de paix. En clair, personne ne veut d'un retour à la case départ et encore moins d'une reprise des hostilités. La sécurité de la région apparaît clairement, pour la médiation internationale, une ligne rouge que l'on ne doit dépasser sous aucun prétexte.


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