Tout en encensant le gouvernement de transition dirigé par les militaires, la médiation internationale tente de maintenir une certaine pression sur lui pour relancer un processus de paix, en panne depuis des mois.Les membres de la médiation internationale, dont l'Algérie est le chef de file, ont demandé aux parties maliennes d'accélérer la mise en ?uvre de l'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d'Alger, dans un contexte marqué par la volonté de la junte au pouvoir de prolonger la période de transition jusqu'à cinq ans. "Les membres de la médiation internationale ont réitéré l'impératif que revêt l'accélération de la mise en ?uvre de l'Accord pour la paix et la réconciliation", lit-on dans le communiqué rendu public à l'issue d'une rencontre virtuelle organisée jeudi, estimant que "celle-ci est essentielle pour la stabilisation durable du Mali et constitue une composante importante de l'entreprise d'ensemble de refondation de l'Etat malien". Après leur prise du pouvoir en août 2019, suite au putsch contre l'ancien président Ibrahim Boubacar Keïta, les militaires maliens s'étaient engagés à préserver cet Accord, dont la mise en ?uvre traîne depuis juin 2015 dans un pays qui vit une crise politique et sécuritaire structurelle. Des discussions ont même eu lieu avec les groupes du Nord-Mali, signataire du texte, afin de débloquer la situation. Mais le contact semble s'être rompu depuis quelques semaines et le fossé s'est creusé à l'occasion de la tenue des Assises nationales de refondation, que ces mêmes groupes et une partie de l'opposition ont décidé de boycotter.
Réunis au sein du Cadre stratégique permanent (CSP), les groupes signataires de l'accord d'Alger ont dénoncé le fait qu'ils soient exclus de l'élaboration du document abordant ces assises et affirment que leurs conclusions ne les engagent pas. Autrement dit, la médiation internationale saura-t-elle réconcilier les deux parties et trouver un terrain d'entente, surtout qu'elle insiste encore dans son communiqué sur la mise en ?uvre du processus de désarmement-démobilisation-réinsertion (DDR) qui traîne en longueur '
"À cet égard, ils ont exhorté les parties signataires à hâter les préparatifs pour la tenue de la réunion de niveau décisionnel devant discuter de l'ensemble des détails de l'offre gouvernementale et finaliser les modalités du DDR global", explique le communiqué, non sans oublier d'insister sur "la nécessité pour les parties de s'investir dans ce processus sans conditions préalables et dans un esprit constructif". Dans le contexte actuel, l'amorce d'un tel dialogue à ce sujet semblerait être compromise, après les derniers événements cités précédemment, au-delà des difficultés à mettre en place le DDR sur un terrain déjà miné par l'insécurité et la présence des groupes terroristes dans le nord du Mali.
Pour rappel, depuis l'arrivée des militaires maliens au pouvoir, les choses n'ont pas bougé concernant l'accord de paix et les multiples réunions du Comité de suivi de cet accord n'ont pas avancé à grand-chose, si ce n'est à chaque fois la même insistance à aller de l'avant, alors que les conditions ne sont pas réunies pour ce faire, dans un contexte local et régional des plus instables.
Lyès Menacer
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lyes MENACER
Source : www.liberte-algerie.com