Les zones d'ombre sont loin d'être un problème de finances. C'est plutôt le résultat d'une «mauvaise gestion» et d'une «mauvaise gouvernance». L'analyste Azzedine Belkacem Nacer pointe du doigt le manque de programmation et de prospectives.Rym Nasri - Alger (Le Soir) - Appelées zones enclavées, zones retardataires, zones isolées ou encore zones à promouvoir, les zones d'ombre concernent des régions plus ou moins particulières notamment les régions montagneuses, les régions du grand Sud et les régions frontalières, mais aussi «tout le c?ur du territoire y compris des poches de l'urbain», précise l'analyste et professeur des universités, Azzedine Belkacem Nacer, jeudi dernier, sur les ondes de la radio Chaîne 3.
Selon lui, certaines portions du territoire national ont carrément accusé une régression «terrible» et sont devenues enclavées en raison d'une «mauvaise vision» et d'une «mauvaise gouvernance». Il cite ainsi l'exemple des localités qui ont connu une activité commerciale assez laborieuse avant de subir les contrecoups du tracé de l'autoroute Est-Ouest, et de devenir des zones retardataires. «Quand il n'y a pas de programmation sérieuse, de vision sur le long terme et de prospectives, on s'attend donc à des retombées de ce type là», dit-il. D'ailleurs poursuit-il, «afin que la prospective nationale apporte les résultats escomptés, il serait judicieux de la mettre en dehors de l'exécutif du gouvernement. Une institution pérenne qui va survivre à tous les gouvernements pour tracer un objectif sur le long terme à travers des plans».
Pour l'invité de l'émission, la question des zones d'ombre ne doit pas être réduite uniquement à une campagne qui risque encore une fois, d'être oubliée dès son achèvement. «Il faut l'inscrire dans une dynamique de développement local car le développement local est là pour répondre à une logique d'atténuement de disparités», a-t-il dit. Assurant que tout le monde est concerné par l'action du développement local, l'analyste souligne qu'une fois encore, il s'agit de problématique de coordination de visions et de mise en ?uvre des instruments là où c'est nécessaire.
Il énumère, à cet effet, les instruments déjà en place, notamment le Plan communal de développement (PCD), le Programme sectoriel de développement (PSD) et le Programme sectoriel de développement central. Le professeur des universités, Azzedine Belkacem Nacer, estime qu'il n'est pas uniquement une question de financement. Affichant son rejet de l'idée de mise en place d'un fonds spécial dédié aux zones d'ombre, il s'interroge : «Combien de fonds ont été créés ' Et combien de fonds ont montré leurs limites '» Pour lui, le recours à la création d'un fonds spécial dédié aux zones d'ombre risque de singulariser cette opération et de provoquer une stigmatisation. «Au contraire dit-il, il faut l'inscrire dans une opération plus large puis opter pour le ciblage au moment opportun».
Ry. N.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rym Nasri
Source : www.lesoirdalgerie.com