Alger - Revue de Presse

La Loi sur les domaines



Louisa Hanoune parle de «complot contre le peuple» C’est aujourd’hui que les membres du Conseil de la Nation examineront la loi sur les domaines que les députés de la chambre basse avaient adoptée en première lecture, l’occasion pour la Première dame du Parti des travailleurs de les interpeller pour bloquer ce texte. Mme Hanoune con-sidère la loi en question comme un «complot contre le peuple algérien». «C’est le projet de loi le plus dangereux depuis l’indépendance de l’Algérie», a-t-elle expliqué en substance lors d’un point de presse, hier, au terme des travaux du Comité central du PT. Selon la conférencière, le texte voté par l’APN octroie des «droits réels» au titulaire de l’autorisation d’occupation privative d’un domaine public, ce qui, en termes juridiques, «lui donne le droit de l’hypothéquer pour avoir un crédit bancaire», a-t-elle expliqué. «Rien ne justifie cette loi», a affirmé la Première responsable du PT qui a mis en avant la «situation financière confortable de l’Algérie qui a réussi également à se débarrasser du fardeau de la dette. «Alors pourquoi voudrait-on vendre ou louer les biens domaniaux qui sont la propriété du peuple selon la Constitution», s’est-elle interrogée. Il faut juste rappeler que le PT et le RCD ont voté contre ce projet à l’APN. Louisa Hanoune s’est attardée ensuite sur la politique de privatisation qu’elle a fustigée comme de coutume. «Il faut non pas privatiser les entreprises publiques qui existent mais, au contraire, en créer de nouvelles, dans les industries lourdes, les PME-PMI (petites et moyennes industries) et l’agriculture, afin de doter le pays d’une économie forte et non une économie de kiosques», plaide-t-elle en tirant comme d’habitude sur Abdelhamid Temar dont elle demande la tête. Concernant la révision constitutionnelle, Louisa Hanoune n’y voit pas d’inconvénients a priori. Elle pose seulement la condition de voir cette révision aller au fond des choses, en particulier réaffirmer la toute puissance de l’Etat sur les leviers économiques. Une telle démarche est, selon elle, de nature à donner à cette révision une dimension qui va au-delà du simple troisième mandat pour Bouteflika. Du déjà entendu dans le discours de Louisa Hanoune. La nouveauté cette fois-ci c’est sa position sur l’UPM, si chère au président français dont le Premier ministre arrive aujourd’hui pour tenter justement de convaincre Alger d’adhérer à ce projet. Et pour une première sortie sur le sujet, Louisa Hanoune n’y va pas de main morte. Elle ne propose rien moins qu’un référendum populaire pour connaître l’opinion des Algériens sur l’adhésion de l’Algérie à ce qui est appelé l’Union pour la Méditerranée». Pour elle, ce projet se caractérise actuellement plus par ses non-dits que par une transparence de son contenu. Car pour Hanoune, derrière les belles phrases du Président Sarkozy, promoteur du projet, il y a la volonté de noyer la question du Moyen-Orient et précisément poser les jalons d’une normalisation avec Israël. Car, ajoute-t-elle, dans le fond, le projet «prépare des choses qui ne servent en rien l’intérêt des pays de la rive sud de la Méditerranée». La Première dame du PT fait le parallèle entre ce projet et l’intérêt de l’OTAN pour notre pays qu’elle qualifie de courtisanerie. «L’Algérie et l’OTAN ne partagent nullement les mêmes préoccupations et objectifs», dit-elle. Fidèle à ses analyses, Louisa Hanoune voit dans ce projet la main du capitalisme qui veut revenir sous le slogan du partenariat avec les pays de la rive sud de la Méditerranée. H. Senouci
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